Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 12:59

CHAPITRE DEUX : ITTOSAI SENSEI KENPÔ-SHÔ

Etude technique du Kenpô par Kotoda Yahei Toshisada

« Lorsque l’âme et le sabre ne font plus qu’un, il est possible de s’adapter librement à n’importe quelle situation ».

Itou Ittosai Kagehisa (1560-1628 ou 1632), samouraï japonais autodidacte né à Izu et maître de l’école du sabre « Chuujiyou » sous la direction de Kanemaki Jisai. Il participa à trente trois duels et selon la légende, il est dit que son style était divin au point d’en être indescriptible. Célèbre pour avoir créé la « Itto-ryu Koryu » (école d’un seul sabre ou l’école d’un seul coup).

Itou étudia le sabre avec Toshinao (domestique de la maison Odawara de Hojo). Ce dernier rapporta les enseignements d’Ittosai dans le manuel de sabre du professeur Ittosai. Maître Ittosai s’insurgeait contre la tendance qui conduisait de nombreux maîtres du sabre à ne discuter que de théories irréalistes au lieu de s’attacher à l’entraînement véritable. Bien que la théorie et la technique soient comme les deux roues d’une charrette, l’auteur affirme que l’entraînement physique et l’apprentissage des techniques doivent venir en premier. L’importance de la quête réside dans la recherche de justice et de moralité. Il est impossible d’emprunter la voie du sabre en s’appuyant uniquement sur des théories abstraites.

Les écrits mettent l’accent sur le sabre et de son utilisation. Il est très important de comprendre que la pratique du sabre est un art martial qui fournit les bases qui permettent, par la suite, d’apprendre à focaliser ses énergies et sa force intérieure, afin de pouvoir réaliser une grande variété de tâches difficiles dans tous les domaines de la vie.

La dextérité et la raison

La dextérité se trouve au cœur du sabre et la raison s’accomplit au travers de la dextérité. Pendant l’entraînement, il faut tout d’abord développer la dextérité. Il est nécessaire de chercher les interactions de l’esprit et du corps, les forces et les faiblesses, la légèreté et la lourdeur, la progression et la retraite. Il faut également comprendre les raisons pour lesquelles nous changeons notre technique face à l’adversaire.

La victoire vient en travaillant la dextérité et la raison. Pour acquérir la dextérité, l’esprit et le sabre doivent agir en ne faisant qu’un. Afin de pouvoir répondre à un adversaire, il est nécessaire et indispensable d’acquérir une expérience personnelle.

La victoire véritable l’emporte sur la dextérité et la raison

Un combat repose sur le changement de techniques. Il est nécessaire d’appliquer des techniques que l’adversaire ne peut anticiper. Lorsqu’un adversaire vous provoque, défendez-vous. Il faut garder en tête que votre adversaire agit et pense comme vous.

Toutes les situations répondent aux lois de la nature, répondez en vous transformant ; ne faire qu’un avec l’adversaire, comme le reflet d’une image dans un miroir.

Il est inutile de se focaliser sur la victoire car ce n’est pas un état naturel. Il faut dépasser la supériorité ou l’infériorité de la dextérité. Aspirer à d’autres dimensions qui permettent aux hommes de ne plus avoir d’adversaires. Celui qui avance ou recule devant l’adversaire se détruit lui-même.

Lorsque l’esprit et la dextérité ne font plus qu’un, la victoire ou la défaite deviennent hors de propos. Posséder le cœur et la dextérité permet d’asseoir une supériorité morale. Une fois cette étape atteinte, le sabre meurtrier deviendra le sabre de vie.

Ecrits sur l’école de sabre de Zuishin

Un sabreur doit connaître ses propres faiblesses car les situations qui entraînent la défaite sont celles qui permettent la victoire de l’adversaire. Il ne peut y avoir de victoire si on ne s’est pas préparé à la défaite. Un grand sabreur qui se retrouve victorieux a également conscience des conditions de défaite.

« Au cours d’une vie, un homme victorieux n’est pas un surhomme mais une personne qui connaît à la fois les conditions de défaite et de victoire ».

            Dominer avec dignité et gagner avec force

            La dignité est un état dans lequel l’attitude d’un individu est à la fois déterminée et correcte et ne peut en aucun cas être influencé par l’adversaire. La dignité est la capacité de dominer son adversaire sans avoir à bouger, car l’immobilité ne peut être contrôlée par l’adversaire.

La force est la capacité de dominer son adversaire par ses manœuvres. La flexibilité est la capacité d’ajuster ses actions aux circonstances. La dignité peut paraître pacifique mais à l’intérieur de cette dernière, il existe la capacité de changer afin de répondre à n’importe quelle situation. La force peut prendre différentes formes dès qu’elle entre en action. Il est donc nécessaire de faire face à l’adversaire avec dignité et ainsi il sera possible de gagner en force.

« La dignité se trouve dans la force et la force se trouve dans la dignité ».

            Réflexions sur l’intuition dans la pratique

            Il est nécessaire de s’adapter de manière intuitive tout en suivant les lois naturelles, sans avoir à calculer ses mouvements. Il faut savoir respecter ce pouvoir qui est au fond de nous. Si une personne souhaite atteindre l’état supérieur, l’âme et le corps ne doivent faire plus qu’un, ainsi l’homme possédera la connaissance et saura également la fonction du sabre.

L’état supérieur est impossible à enseigner car il n’est accessible qu’avec une pratique régulière. Une foi l’état supérieur atteint, il sera possible de s’adapter à toutes les circonstances de manière inconsciente.

            Capacité de frapper le premier

            Si une personne attaque en portant une frappe frontale, l’adversaire ripostera toujours par surprise ou par une contre-attaque. Lors d’une contre-attaque, l’adversaire répondra par une frappe frontale. Il est donc important de savoir répondre à une attaque par une forme défensive appropriée.

            Capacité de résister aux attaques

            Si l’adversaire paraît calme mais est agité à l’intérieur, il faut tirer avantage de cette instabilité, il faut le contrer sans faire usage de toute sa force. Lorsque l’âme et l’apparence paraissent toutes deux agitées, il faut attendre le moment où l’une d’elles faiblira. Dans tous les cas, ne jamais laisser l’adversaire contrôler vos mouvements, car vous vous mettez en danger. Il est possible de détruire l’adversaire en se confrontant à lui ainsi qu’à sa technique.

            Par la pratique des techniques, il est possible d’apprendre la nature du sabre, les impératifs de l’attaque, les fondamentaux et la flexibilité dans l’utilisation du sabre, ainsi que la relation entre le sabre et le sabreur. Quand l’âme et le sabre ne font plus qu’un, il est possible de s’adapter librement à toutes les situations.

Se sentir concerné par le « ma » (les intervalles de temps)

L’essence de la victoire est déterminée par le découpage du temps appelée « ma » correspondant à la relation entre deux personnes, au rythme du combat ainsi qu’à la capacité d’utiliser le tempo existant à son avantage.

Si on est conscient de cet intervalle de temps, il sera impossible de bouger librement. Lorsque cette conscience s’évanouit, il sera possible d’utiliser correctement cet intervalle.

Le « suigetsu » est un état où l’on a dépassé la technique ou le rationnel, cela signifie que l’âme est dans le « ma ».

« Si les nuages disparaissent de vôtre âme et que tout devient « suigetsu » alors rien n’est impossible ».

Le « ma » ne constitue as la distance spatiale entre vous et l’adversaire mais il enveloppe tout ce qui existe. Le « ma » est la capacité de décider dans l’instant et de réagir avec réflexe.

            Vaincre en réagissant aux mouvements initiaux de l’adversaire

            Baser sa tactique sur celle de son adversaire constitue une méthode pour gagner. Par exemple, si l’adversaire semble fort mais en fait cache une faiblesse, il est bon d’avoir l’air faible.

            « Si vous et votre adversaire avez percé les mystères de l’art, l’âme et la technique ne font plus qu’un et la question de gagner ou de perdre n’a plus lieu d’être. Déterminer quel sabre est supérieur pour en tirer satisfaction n’est pas l’objet de la confrontation, car il s’agit ici de sauver sa vie ».

 

A SUIVRE : Le miracle de la sagesse immuable par Takuan Soho

 

Source :

« Tactiques secrètes : leçons de grands maîtres des temps anciens »  ~ Kazumi Tabata ~ 2003

Par Phoebe - Publié dans : Chroniques martiales - Communauté : Artistes Resistants Terribles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 09:47

Theatre-No-02.jpg

 

Jusqu’à présent, je ne connaissais rien du théâtre nô, si ce n’est que je savais qu’il constituait un des théâtres traditionnels japonais avec le kabuki.

L’occasion m’a été donné de découvrir le Nô lors d’un atelier organisé par la Maison de la Culture du Japon à Paris.

Le Nô constitue un art et comme tout art chez les Japonais, il se décompose en diverses techniques particulières. Il est dit que les samouraïs des 15ème et 16ème siècles étaient tenus d’en connaître les préceptes et de le pratiquer.

 

Qu’est-ce que le Nô ?

Le Nô (drame lyrique) japonais est l’un des plus anciens genres de théâtre classique qui constitue un spectacle de divertissement, sans forcément faire référence au mystique ou au religieux, mais plutôt, d’un point de vue personnel, au surnaturel. Le Nô n’a que très peu de points communs avec le théâtre littéraire européen que nous connaissons.

 

Pour Zeami (1363-1443), alias Kanze Motokiyo, acteur et dramaturge japonais, et théoricien du Nô, l’essentiel de cet art se situe dans la danse et dans le chant. Le texte ne fait l’objet que d’un support conforme à quelques règles élémentaires de composition. Mais Zeami avait renversé cette dernière tendance, mettant à profit ses qualités de poète de génie.

L’une des caractéristiques du Nô est de relater les faits quand toute action est achevée, parfois des siècles après la mort du héros, d’où l’atmosphère caractéristique de ces pièces, située entre rêve et réalité.

 

Bien que dans la plupart des pièces Nô, le personnage secondaire soit un moine et porte souvent sur des points de la doctrine bouddhique, ce n’est pas un théâtre religieux, mais plutôt un théâtre constitué d’éléments théologiques proposant de simples prétextes au plaisir esthétique.

 

Entre les 16ème et 19ème siècles, le Nô fut un art réservé à l’aristocratie, surtout militaire. Malgré cela, ce genre de spectacle était à l’origine destiné à un public très large.

D’après Zeami, le Nô est « un long poème chanté et mimé, accompagné d’un orchestre, constitué d’une ou plusieurs danses qui peuvent n’avoir aucun rapport avec le sujet ».

 

Au cours de la séance d’initiation, séance que j’ai pris plaisir à suivre avec délectation, une réelle curiosité et un plaisir attentionné, l’atelier comportait une partie consacrée à la préparation « physique » de l’acteur afin qu’il puisse prendre pleinement conscience de son corps. Cela consistait à effectuer des frottements, d’une façon plus ou moins énergique, sur toutes les parties du corps. Assise « à la japonaise » en face du Maître, j’essayais de faire le lien entre le Ciel en me frottant le sommet du crâne et la Terre, en dirigeant le sacrum vers le bas. En adoptant une certaine posture pas si facile à exécuter, il était question de se tenir telle une marionnette, me donnant l’impression de flotter dans les airs.

 

Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est la façon de se déplacer en marchant d’une façon si particulière que cela me donnait l’impression de glisser juste au-dessus du sol. Cela m’a d’ailleurs rappelé la façon dont je m’exerce à marcher lors de mes entraînements au kenjutsu.

Il à noter que le théâtre Nô comporte trois catégories d’acteurs exclusivement masculins : le waki, le shite et le kyôgen, ce dernier étant moins prestigieux, mais néanmoins utile et nécessaire, que les deux premiers.

 

Les acteurs du Nô

Les pièces de Nô ne comportent jamais qu’un seul et unique personnage. Tout d’abord, il y a le shite, littéralement « celui qui fait, qui agit » ; c’est lui qui danse et chante et qui représente le personnage principal et celui dont le rôle est le plus complexe et est vêtu d’une façon somptueuse.

 

Ensuite, vient le waki, « celui du côté », qui est le personnage secondaire et qui tient la plupart du temps le rôle d’un moine vêtu d’une manière plus sobre.

 

Occasionnellement, il entre le premier sur la scène et après avoir conté le voyage qui amène la pièce sur les lieux de l’action, il s’assoit au « waki-za », endroit où il ne bougera plus sauf pour exorciser un démon ou pour rester immobile tel un spectateur impassible. Son rôle est néanmoins important car c’est lui qui provoque l’arrivée du shite.

 

La plupart du temps, le shite n’est rien d’autre qu’une vision d’un waki, pouvant être certainement associé à un être ayant une vision chamanique. Ce dernier est donc le médium entre le waki et l’audience, médium sans lequel rien ne se passerait. Le shite ne danse ni ne chante, il déclame.

 

La troisième catégorie d’acteurs est constituée par les kyôgen, toujours un peu méprisés, bien que certains acteurs soient des comédiens d’une rare qualité. Sans eux, le Nô perdrait une grande partie de sa valeur et de son intérêt. Le rôle du kyôgen est de détendre l’atmosphère en jouant une farce constituée de formes comiques, grossières et un peu plus « légères ». Le kyôgen intervient à l’intérieur du Nô pour exécuter un interlude nommé « ai-kyôgen », ce qui permet au shite de pouvoir changer de costume. Le kyôgen s’entretient avec le waki au sujet de la pièce, en donnant parfois une version parodique qui contraste avec la version noble de la pièce.

 

L’orchestre et le chœur

Tout comme dans le théâtre gréco-romain, le théâtre Nô possède également un chœur et un orchestre. Ce dernier fait son entrée en scène au tout début de la représentation et il est aussi le dernier à la quitter.

 

Le rôle de l’orchestre est essentiel car il constitue un bruitage rythmé, destiné à créer une atmosphère propice à l’évocation d’un certain type de personnage. L’orchestre se compose d’un joueur de flûte et de deux joueurs de tambours.

 

Il intervient pour préparer l’entrée de l’acteur au début de la pièce et sa rentrée au début de la seconde partie du spectacle. Il soutient le chant de l’acteur ou du chœur dans les passages lyriques ; pour rythmer la danse ou pour accompagner un récit du chœur mimé par l’acteur.

 

« Dans tous les cas, son rythme heurté, incantatoire, contribue à créer chez le spectateur un état second, quasi hypnotique, qui le rend perméable à la magie du Nô ».

 

Le chœur ne participe pas à l’action et se compose de quatre, huit ou douze chanteurs qui restent assis et immobiles à droite de la scène pendant toute la durée du spectacle. Le chœur chante à l’unisson et relaie l’acteur principal lorsque ce dernier doit mimer un long récit. Parfois, le chœur commente l’action du personnage ou décrit un paysage.

 

L’orchestre et le chœur constituent des éléments ayant une valeur décorative, éléments à ne pas négliger lorsque l’on a chance de pouvoir « contempler » un spectacle de Nô.

 

Au cours de cette séance d’initiation au Nô, après avoir effectué les différents exercices d’échauffement du corps ainsi que les techniques de déplacements propres à la discipline, le Maître procéda à la distribution d’éventails, accessoires essentiels et indispensables du Nô.

 

Généralement, « le grand éventail de danse » possède un dessin assorti au costume de l’acteur et constitue l’accessoire le plus important. L’éventail peut représenter aussi bien une arme qu’un objet quelconque ou une branche d’arbre frémissant au vent. Il peut également représenter une multitude d’éléments symboliques.

 

Bien entendu, il y a une façon particulière de le tenir. En effet, on le tient en mettant l’auriculaire à l’arrière, sur l’orifice situé sur le manche de l’éventail, en opposition au pouce que l’on pose sur le trou situé à l’avant. Cela m’a rappelé étrangement la façon de tenir un sabre et il est clair que dans certaines situations, il ne peut que représenter le fameux katana du bushi.

 

Dans le théâtre Nô, il n’y a point de décor, ce qui permet au spectateur de laisser libre court à son imagination. Il existe également une façon de le déplier : de la main gauche, on doit se saisir de la face arrière de l’éventail puis on le déplie en effectuant un mouvement vers l’arrière, en position horizontale.

 

Durant l’atelier, il était également question du rythme des pas et de ses changements. Au Japon, le rythme semble être une notion très importante, quel que soit l’art que l’on pratique. Car dans les arts martiaux, il est aussi question de ce rythme que l’on doit savoir changer par rapport au rythme de l’adversaire et qu’il est important d’observer.

 

Une journée de Nô

 

Une représentation classique se compose de cinq pièces, entrecoupées par des farces appelées « kyôgen ».

 

L’utilisation de l’expression « une journée de Nô » prend toute sa signification quand on connaît la durée d’un spectacle Nô. En effet, l’ensemble formé par les cinq Nô et les quatre Kyôgen se déroule sur une moyenne de dix heures, les plus courtes pièces durant un minimum de quatre heures.

 

Auparavant, et principalement durant des festivités particulières, trois à cinq journées de spectacles se succédaient. Ce qui aurait semblé être une éternité pour un public néophyte occidental ; ce qui n’est pas forcément le cas pour un Japonais qui a pour habitude d’assister à de longs événements. Toutefois, les écoles de Nô modernes de Tôkyô auraient tendance à organiser des représentations beaucoup plus réduites sur la durée. Néanmoins, à Kyoto, les spectacles sont donnés dans leur intégralité.

 

En fait, réduire la durée du spectacle serait une chose assez grave, car cela bousculerait l’harmonie décrite par Zeami, selon laquelle il porte une analyse esthétique et psychologique. La durée du programme correspond au degré de réceptivité du public. L’attention doit être croissante de la première à la troisième pièce et décroissante par la suite. Le rythme de l’interprétation se ralentit dès la fin de la première moitié du spectacle pour ensuite s’accélérer de nouveau dès la seconde moitié.

 

Ce rythme est décrit par le principe « Jo, Ha, Kyû », c’est-à-dire, « ouverture, développement, finale », ce qui correspondrait dans le cas du théâtre européen à l’introduction, au nœud et au dénouement. C’est une structure typique du Nô décrite dans les moindres détails.

 

Afin d’attirer l’attention du spectateur, le Nô débute généralement par une courte pièce, brillante mais peu complexe qui est sensée rassembler l’audience dans une communion dans l’esprit du Nô.

 

La première pièce est dite « pièce de waki » ou « votive » ou « de la première catégorie ». On peut y découvrir un personnage surnaturel qui prédit prospérité et longue vie à tous.

Les trois pièces suivantes se composent de l’élément « Ha », signifiant « détaillé, développé ». Ces trois pièces sont régies par la même structure « Jo, Ha, Kyû ».

 

Les principales pièces de Nô sont d’une excellente qualité, citons parmi elles, « Kanehira » et « Sanemori » qui sont des œuvres crées par Zeami.

 

Ces pièces relatent à peu de chose près toutes la même histoire où un moine rencontre un vieillard sur un ancien champ de bataille. Le vieillard s’avère être un spectre qui revient sous la forme du guerrier qu’il fut jadis.

 

Aux trois pièces précédentes, succède « le pièce de femme » qui se caractérise par le « yûgen », autrement dit, « le charme subtil », qualité indispensable « à l’éclosion de la fleur », comme le soulignait Zeami qui recommandait que cette pièce soit jouée par des jeunes femmes ou de jeunes acteurs.

 

A ce niveau du spectacle, le récit relate l’apparition d’une dame d’antan, héroïne d’une célèbre histoire d’amour. Le charme qui se diffuse de « la pièce de femme » tient à la beauté des attitudes des acteurs, à la grâce de la danse, lente et presque statique, et à la douceur du chant.

 

Et c’est justement par le chant que cette séance d’initiation de Nô s’est achevée. Ce fut un plaisir électrisant doublé d’une attention de tous les instants que je pus apprécier la voix du Maître qui entonnait « Hagoromo », une chanson extrêmement populaire et connue au Japon, à tel point que si je la chantais à un Japonais, il en serait certainement surpris mais également honoré !

 

Dans ce chant, au texte poétique et évocateur, il est question d’une fille du Ciel, qui de ses yeux, voit la pitié en vérité, tout joliment vêtue qu’elle était.

C’était la première fois que je chantais en Japonais et ce fut également un plaisir de découvrir cette langue si étrange à travers un chant traditionnel.

 

Cet atelier m’a semblé fort intéressant et très instructif concernant le jeu de l’acteur japonais, j’aurais souhaité qu’il dure toute la journée. J’invite quiconque qui s’intéresse de près ou de loin à la culture japonaise ainsi qu’au théâtre à venir voyager, le temps d’une petite leçon de théâtre Nô, au pays des samouraïs d’antan.

 

Sources :

Maison de la Culture du Japon à Paris

La tradition secrète du Nô ~ Zeami ~ traduction et commentaires par René Sieffert ~ Connaissance de l’orient ~ 1960

Voir également « Dôjôji et autres nouvelles » : http://unefenetresurlemonde.over-blog.com/categorie-10982829.html

 

 

Par Phoebe - Publié dans : Chroniques théâtrales - Communauté : Artistes Resistants Terribles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 11:33

EXTRAITS DU HEIHÔ KADENSHO

La philosophie et les secrets de la stratégie

« Le but ultime de la pratique du sabre est de faire de cet art une partie intégrante de sa vie ».

En adoptant la philosophie du sabre, il sera possible d’appliquer les techniques les plus efficaces de manière instinctive et inconsciente, techniques utiles afin de parvenir à faire face à n’importe quelle situation.

Lorsqu’on brandit le sabre devant l’ennemi, il ne faut pas que l’âme s’attache à la seule technique. Ainsi, il faut éviter d’être prisonnier de cette dernière afin de ne pas donner l’opportunité à l’ennemi de contre-attaquer.

« Lorsque l’apparence extérieure est intrépide, le moi intérieur est calme ; lorsque l’apparence extérieure est agressive, le moi intérieur est sur la défensive ».

Il faut donc s’appliquer à ce que l’état du moi intérieur soit l’opposé de l’apparence extérieure. Grâce à une pratique continue, le moi intérieur et l’apparence extérieure ne feront plus qu’un.

Il est important de pratiquer sans attacher son âme à l’intention de porter une frappe ou une pique.

La porte est l’antichambre de la maison

Une porte est l’entrée d’une maison et c’est en passant cette porte qu’il est possible de rencontrer le maître de cette même maison. Par exemple, l’étude est la porte de la vérité et ce n’est qu’en passant cette porte qu’il sera possible d’atteindre la vérité. Il faut tout de même faire attention de ne pas confondre : ouvrir la porte ne signifie pas entrer dans la maison.

Entraînez-vous intensément

Il faut entraîner le corps jusqu’à ce qu’il se meuve automatiquement sans effort conscient, ainsi l’esprit ne sera pas encombré par les mouvements physiques. C’est en suivant un entraînement régulier qu’il nous sera possible d’appliquer les techniques de manière inconsciente sans avoir besoin de réfléchir. Ainsi, aucune place ne sera accordée au doute et à l’hésitation. Il est donc nécessaire de s’entraîner intensément, puis oublier l’entraînement, « tel est le mystère de la Voie ».

Le faux devient le vrai

La construction d’un stratagème est nécessaire de façon à ce que l’adversaire ne puisse résister même s’il est conscient de notre plan. Il faut apprendre à piéger l’adversaire. Une fois pris au piège, il nous sera possible de vaincre. Si le plan élaboré n’est pas au point, il faut immédiatement le modifier. Cette idée est issue de la terminologie bouddhiste appelée « hoben » (pieu mensonge), qui permet de garder secrètes ses véritables intentions.

Dans le shintoïsme, cela s’appelle le « shimpi » (mystère), qui fait naître une fausse sécurité chez l’adversaire. Ainsi, en gardant les choses mystérieuses, il est possible d’en récolter les bénéfices.

Dans les arts martiaux, cela s’appelle le « buryaku » (stratégie militaire). « Ryaku » (stratégie) signifie fausseté.

L’utilisation de la supercherie peut éventuellement conduire au succès. Un pieu mensonge peut aider à atteindre votre but.

L’offensive et la défensive

Tant que les deux adversaires se trouvent dans une position offensive, l’état d’esprit de l’adversaire ne diffère en rien du vôtre. Dans une position offensive, il est important de concentrer son esprit sur l’adversaire. Dès que le combat débute, il faut prendre l’initiative tout en attaquant avec intensité. Dans une position défensive, il faut attendre que l’adversaire bouge pour passer immédiatement à l’offensive.

Comment piéger l’adversaire ?

La relation entre l’offensive et la défensive est comparable à la relation entre le sabre et le corps. Pour vaincre l’adversaire, il est nécessaire de tenir le sabre en position défensive, tout en plaçant le corps à proximité du dit adversaire. Après cela, en gardant une position offensive du corps, on pousse alors l’adversaire à porter la première attaque.

Contrôler la relation entre l’esprit et le corps

Il est important de garder à l’esprit le lien établit entre l’offensive et la défensive, lien comparable à celui que l’on peut établir entre le corps et l’esprit. Ce dernier doit être sur la défensive alors que le corps doit adopter une attitude offensive.

Voir sans voir

« Jetant des coups d’œil furtifs à l’oiseau, la libellule se tient à distance. La libellule se déplace avec précaution, surveillant du coin de l’œil les mouvements de son ennemi ».

Ce poème signifie qu’il est crucial de ne jamais fixer son regard sur un point précis. Pour juger correctement la réaction de l’adversaire (face au piège tendu), on dit le voir sans le regarder, c’est-à-dire, qu’on ne doit pas fixer son regard sur un point précis. Pour se faire, il est nécessaire de garder les yeux tout le temps en mouvement et de jeter un œil entre chaque mouvement.

Frapper sans cesse, ne pas laisser l’adversaire relever la tête

« Il est plus difficile d’éviter d’être frappé que de frapper ».

Quand l’adversaire frappe, il est nécessaire de mettre de la distance entre vous et le sabre de ce dernier afin de laisser passer la frappe. A une distance convenable, la frappe de l’adversaire devient inefficace et mortelle. Il faut donc apprendre à tirer avantage de la situation. Lorsque l’on porte la première frappe, il ne faut jamais laisser le temps à l’adversaire de se ressaisir.

Vaincre l’adversaire en jouant sur le rythme

Pour jouer sur le rythme, il faut utiliser la technique « obyoshi kobyoshi, kobyoshi obyoshi », ce qui signifie littéralement, « battement lent, battement rapide, battement rapide, battement lent ».

Afin d’éviter que l’adversaire trouve le rythme des frappes trop agréable (ce qui lui permettrait de porter ses frappes avec plus de facilité), il est nécessaire de contre-attaquer soit en accélérant le rythme, soit en le ralentissant. Il ne faut donc pas chercher à harmoniser le rythme des frappes de l’adversaire.

Saisir le mouvement de l’adversaire dans son intégralité

On ne peut interpréter le « Nô » ou chanter le « Utai » sans comprendre l’ensemble de la musique. Il en est de même pour les arts martiaux. Il est important de juger correctement les frappes et les mouvements de l’adversaire afin de pouvoir en saisir le rythme et le vaincre plus aisément.

Se préparer pour affronter un adversaire offensif

Dans les arts martiaux, la stratégie est un élément très important qu’il ne faut pas négliger car elle permet de tirer avantage du mouvement initial de l’adversaire. Pour cela, il faut disposer de différentes stratégies. Avant tout combat, il faut se redonner du courage et se préparer à affronter un adversaire offensif en préparant son esprit à la défensive, ce qui permet de parer à toute attaque surprise.

Etre calme à l’extérieur, être rigoureux à l’intérieur

Demeurer calme extérieurement tout en gardant l’esprit présent et en éveil correspond à l’expression "entendre le son du vent et de l’eau". Cette métaphore décrit une apparence extérieure calme qui cache l’activité intérieure de l’esprit. Le corps ainsi que les membres ne doivent jamais paraître occupés. Il faut également être attentif à la relation entre l’offensive et la défensive, entre l’extérieur et l’intérieur.

Penser à garder un équilibre entre ces deux notions qui permet de passer du « yin » (négatif, immobilité) au « yang » (positif, action). Quand l’intérieur est « yang » et en action, l’extérieur doit être « yin » et immobile et vice et versa.

En gardant l’esprit immobile, il est aisé de mieux contrôler votre action. Le but de la stratégie est de développer une forme de l’esprit qui peut totalement contrôler l’alternance entre défensive et offensive, immobilité et action.

D’après Yagyu Jubei Mitsuyoshi, la métaphore « entendre le son du vent et de l’eau » signifie que durant un combat, l’esprit ne doit pas se préoccuper de l’adversaire, car cela aurait pour conséquence de ne plus être capable d’entendre le son du vent et de l’eau.

Un esprit borné est un esprit malade

La maladie naît d’un esprit rigide et borné en toutes circonstances. Tous ces maux résultent de notre état d’esprit. Il est donc important de savoir contrôler son esprit.

Se débarrasser des pensées au moyen d’autres pensées

« L’homme a des pensées et cependant n’a pas de pensées ; l’homme possède l’opiniâtreté et cependant n’a pas d’opiniâtreté ».

Un esprit sans pensées est appelé « munen » ou esprit libre de toutes pensées. Pour rendre l’esprit « munen », il faut se débarrasser des pensées au moyen d’autres pensées. Lorsqu’une pensée élimine l’autre, les pensées liées à l’élimination ainsi que la pensée éliminée disparaissent ensemble ; c’est ce qui est exprimé dans « l’homme a des pensées et cependant n’a pas de pensées ».

Entraîner l’esprit de manière à ce qu’il ne soit plus inquiété par la maladie

A un haut niveau d’entraînement, l’esprit peut se débarrasser d’une maladie en supprimant tout effort pour s’en débarrasser.

Au bout d’un moment, il sera possible de nous débarrasser naturellement de toutes idées fixes sans même y penser. La première chose à éviter est de conserver un esprit borné. Libéré de ce dernier, il ne sera plus possible d’être corrompu même dans une foule houleuse. Cet esprit demeurera toujours libre et rien ne pourra le perturber. Polissez votre esprit de manière à le garder libre et imperturbable, hors d’atteinte des maladies.

Agissez en laissant votre bon sens vous guider

L’expression « votre bon sens est la voie » signifie que pour éliminer une maladie tout en étant malade, il faut laisser agir votre bon sens. Ce principe est applicable à beaucoup d’autres domaines tels que le tir à l’arc, le combat au sabre, la calligraphie, etc.

Par exemple, si au tir à l’arc, vous êtes absorbés par l’idée d’atteindre la cible, vous aurez du mal à viser. Lors d’un combat au sabre, si l’on est concentré sur l’idée de porter ses frappes, il sera difficile de contrôler le sabre. Il en est de même dans la calligraphie, si l’on est possédé par l’idée de dessiner, le pinceau se déplacera difficilement.

Pour éviter tout cela, il faut arrêtez de penser que l’on doit atteindre la cible et garder un esprit naturel d’exécution. A méditer…

Le maître d’une voie peut s’accommoder de n’importe quelle situation donnée simplement car son esprit est comme un miroir limpide, il est totalement libre de toute pensée. L’état d’esprit ordinaire et seul est celui qui peut accomplir chaque chose avec un tel état d’esprit mérite le titre de maître.

Adopter l’esprit qui, une fois libéré, ne demeure pas sur place

Un grand prêtre mongol prénommé Abbot Chuho, enseignait à ses disciples à avoir un esprit disponible aussi appelé « hosin no kokoro ». A un niveau inférieur, cela signifie qu’il faut s’entraîner afin de garder un esprit disponible avant qu’il ne se fixe. En d’autres termes, si l’on porte une frappe au sabre, il faut rapidement retirer ce dernier afin que l’esprit ne reste pas fixé sur le point d’impact. A un niveau supérieur, cela signifie qu’il faut libérer notre esprit et le laisser dériver où bon lui semble afin qu’il ne reste pas à la même place.

« L’esprit retenu par une corde ne peut être libre ».

Un esprit disponible permet au corps de se libérer de tout mouvement.

Un esprit bien discipliné

Les concepts de « kei » (concept confucéen) et de « isshin furan » (concept bouddhiste) transmettent un état où l’esprit doit être concentré sur une chose afin de ne point être perturbé par autre chose. Il s’agit d’un moyen pour garder son esprit en paix car un esprit bien discipliné n’a pas besoin de tels moyens.

L’esprit calme et pacifié s’acquièrent avec la posture « Fudô Myôô » (posture correcte, paumes des mains jointes en répétant à haute voix « Fudô Myôô »). Ce qui permet d’atteindre l’état que l’on appelle « sanmitsu byodô » (égalité des trois secrets), état en harmonie avec le concept de « kei ».

La technique du « Mutô » (sans sabre)

C’est une technique qui consiste à éviter les frappes de l’adversaire lorsque l’on n’est pas armé. Cela consiste à éviter d’être touché plutôt qu’à essayer de désarmer l’adversaire et à utiliser tout ce qui est à disposition afin d’éviter d’être touché.

« Ma-ai » (distance) : au cœur du mutô

Le véritable objectif du « mutô » est de développer le sens du « ma-ai » ou de l’espace afin d’affiner le jugement sur la distance nécessaire pour éviter une frappe de l’adversaire. Aussi longtemps que l’on gardera cette distance avec l’adversaire, on n’aura pas à craindre d’être touché. Toutefois, si l’on décide de désarmer l’adversaire, il faut également accepter l’idée d’être touché.

Plonger sous la garde du sabre de l’adversaire

« Mutô » est une technique qui permet de se battre à mains nues contre un adversaire désarmé. Cette technique nécessite de se placer au plus près de l’adversaire au risque de recevoir la frappe adverse. Il faut plonger sous la garde adverse et s’emparer de son sabre au moment où il s’apprête à couper au-dessus de notre tête.

« Ki » (jugement et volonté) vient de l’intérieur, « Yu » (action) existe à l’extérieur

Tout possède une substance et une action. Un sabre est substance et couper est son action. La volonté est substance et ses conséquences extérieures son action.

Parce que la volonté existe à l’intérieur de vous, vos actions se réalisent à l’extérieur. Par conséquent, lorsqu’on frappe, coupe, leurre, il est nécessaire d’adopter soit une attitude offensive soit une attitude défensive.

La volonté qui subsiste à l’extérieur est appelée « sayo » ou action. Seule, la volonté farouche résulte en une action exemplaire.

« Un maître zen hautement discipliné possède un esprit tellement libre, que, quoiqu’il dise ou qu’il fasse, il ne dévie jamais de la voie de la nature des choses ».

Un corps unifié fait preuve d’habileté

« Jintu Shinpen », littéralement, pouvoir divin ou transformation, fait référence à la capacité d’agir en toute liberté. Le concept de « daiyu » (action émérite) peut décrire plusieurs actions telles que tenir un sabre, sauter en l’air, s’emparer du sabre de l’adversaire, frapper les pieds. Même si on néglige de travailler la volonté, le « daiyu » émergera lorsque ce sera nécessaire.

Le « ki » correspond à la volonté et au jugement et doit toujours rester en éveil. Si notre « ki » reste disponible, il sera possible d’agir promptement lorsqu’un événement inattendu se produira. La « daiyu » est cette action rapide. Quand le « ki » n’est pas encore mature, le « sayo » (volonté extérieure) ne peut se produire.

C’est en continuant à exercer notre esprit qu’il sera possible d’amener le « ki » à maturité et le « daiyu » pourra émerger. Lorsque le « ki » atteint le stade ultime, il se diffuse dans tout le corps et le « daiyu » peut s’exercer à partir de toutes les parties du corps.

Une personne possédant le « daiki daiyu » est capable de vaincre uniquement par le regard, le « mizume », littéralement, la défaite par le regard. Ce terme désigne un état d’échec dans lequel le regard de quelqu’un qui possède le « daiki » vous absorbe tellement et d’une façon si profonde que l’on oublie que nous sommes armés d’un sabre. Même si cela n’est que momentané, il en résultera une défaite.

Une action libérée de toutes conventions

La vie acquiert généralement certaines règles et quelques conventions. Selon le bouddhisme zen : « Là où le « daiyu » se révèle pleinement, il n'est nul besoin de suivre des règles ou de conventions ».

Une personne qui parvient au « daiki daiyu » n’adhère pas aux schémas préétablis des pratiques et des règles. C’est en général une personne qui a atteint la perfection et qui peut agir en toute liberté.

Un homme faisant preuve de « daiki » est ce type d’individu. Le « ki » est un état d’esprit dans lequel l’homme est prêt à tout. Lorsque le « ki » est rigide, il restreint l’esprit et le prive ainsi de liberté. La liberté d’action n’est possible que lorsque le « ki » est unifié et qu’il se répand dans tout le corps. Lorsque l’action est libre, elle est appelée « daiyu ».

L’entraînement pour dissimuler votre esprit

« L’esprit change dès que son environnement change. Ce changement est subtil, tellement subtil, que l’on ne peut le percevoir ».

Cette expression est très importante lors de l’entraînement des arts martiaux et du zen. Dans les arts martiaux, « l’environnement » correspond aux différents mouvements de l’adversaire.

« L’esprit change dès que son environnement change ».

Cette phrase indique que l’attitude mentale change avec les changements intervenant dans les mouvements de l’adversaire. C’est-à-dire, lorsque l’adversaire brandit son sabre au-dessus de la tête, à gauche ou à droite, votre esprit suit les mouvements.

« Vous ne pouvez percevoir ce changement ».

Cette phrase est très importante dans les arts martiaux et signifie que l’esprit qui ne se fixe nulle part, ne peut pas vraiment être perçu. L’esprit humain devient visible dès qu’il est effleuré par l’émotion ou traversé par une pensée.

« Si vous avez quelque chose à l’esprit, votre visage le montre ».

Les arts martiaux, le zen

Le point commun qui unit les arts martiaux au zen est une répugnance pour un esprit rigide et des idées fixes. Quelle que soit la chose apprise, il est toujours plus important de s’entraîner car on se doit d’empêcher l’esprit de s’arrêter en un seul endroit.

L’état naturel de votre esprit est tout.

« Un maître de stratégie est un homme qui a maîtrisé toutes les techniques pour ensuite les abandonner toutes. Il agit toujours en suivant l’état naturel de son esprit ».

Cela doit également être le cas dans la vie quotidienne. Ce n’est qu’en recourant à un état d’esprit naturel que l’on sera capable de contrôler librement un sabre ou un arc et des flèches.

"L’esprit naturel est le plus important, l’esprit ouvert est le plus important".

 

A SUIVRE : Etude technique du Kenpô par Kotoda Yahei Toshisada

 

Source :

« Tactiques secrètes : leçons de grands maîtres des temps anciens »  ~ Kazumi Tabata ~ 2003

 

Par Phoebe - Publié dans : Chroniques martiales - Communauté : Artistes Resistants Terribles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 10:54

A l’image des “Enfants du Rock”, célèbre émission de télévision diffusée dans les années 80’s sur une chaîne bien connue de mes concitoyens français, dont la mascotte était un lion et le logo, une pomme, je vous propose de vous retracer l’histoire de ces mouvements artistiques, musicaux et cinématographiques, devenus pour certains phénomènes de société, qui ont marqué cette décennie et qui perdurent de nos jours, dont certains ont grandement influencé ce que nous écoutons aujourd’hui.

Reprenant le titre de l’émission diffusée actuellement sur la chaîne franco-allemande Arte, j’ai eu l’idée d’adapter le principe de ce très bon programme sur mon blog.

Etant curieuse du monde qui m’entoure et souhaitant observer et également découvrir les différentes composantes de la multitude de courants et d’expressions artistiques qui s’intègrent ou non au sein de notre société, c’est aussi en tant que passionnée que j’opère.

C’est au cours du mois d’octobre de cette année que j’ai eu l’occasion de découvrir une autre partie de la scène underground parisienne que je connaissais très peu auparavant.

Le Rock, le Punk et le Metal étaient des musiques auxquelles je portais très peu d’intérêt car elles ne faisaient pas partie de mon paysage auditif référentiel, bien que j’avais fait l’expérience durant les années 90’s du Hardrock, mais je n’avais pas vraiment accroché à ce style musical, mes oreilles ayant plus l’habitude de la musique pop et rap telle qu’Arrested Development et Björk.

Mais il y a de cela de merveilleux dans les échanges humains, c’est qu’au fil des rencontres, je me suis aperçue que la musique, qu’elle quelle soit, outre le fait de véhiculer notre histoire personnelle, véhicule également une histoire, politique, sociale et surtout humaine.

Ce que je n’arrivais pas à comprendre ou à apprécier durant les années 90’s, m’apparaît aujourd’hui avec les plus grands reculs, comme une source évidente et précieuse d’informations qui seraient susceptibles d’apporter une explication sur la conception que se font nos contemporains sur l’art en général, la musique, la photographie et le cinéma en particulier.

Nos regardons et écoutons parfois les événements et les mouvements artistiques et culturels du passé avec une certaine nostalgie, et il est évident que c’est aussi ce qui peut apporter une influence, voire une inspiration aux artistes actuels.

Devant la capitalisation outrageuse de l’art qui pousse à leur paroxysme les lois sur le copyright et sur les droits d’auteur ainsi que celle d’un libéralisme qui se barre en eau de boudin, la dissidence artistique serait un élément à prendre en considération.

Hélas, l’art a développé des circuits commerciaux qui ont poussé certains mouvements dits marginaux, dits « underground », à réagir contre l’establishment et à créer une alternative culturelle, nous prouvons qu’il n’y a pas qu’une seule manière de concevoir l’art tout en s’émancipant d’un comportement conformiste et capitaliste, jouant sur les lois de l’offre et de la demande.

C’est ainsi que l’on voit émerger un peu partout dans le monde, différentes scènes alternatives. Mon but est de les dénicher, chose qui n’est pas toujours simple. Pour se faire, il suffit d’avoir un esprit curieux et ouvert aux événements qui nous entourent.

Les années 80’s ont vu émerger une multitude de concepts et de mouvements musicaux proches du bruitisme, de la musique concrète ainsi que de la musique anti-pop tels que le Rock Indus, le Heavy Metal et la musique gothique. Dans un contexte politique de guerre froide, la population a peur qu’un conflit nucléaire éclate et la pression des maisons de disques paralyse la créativité.

Entre 1977 et 1989, le mouvement Punk se méfiait déjà des « majors », ce qui contribua à l’émergence d’autoproductions, de fanzines et de labels indépendants. Le mouvement Punk cultive, entre autre, la philosophie de l’amusement avec un minimum de moyens, à la manière du « Do It Yourself » (DIY). Puis, la rébellion punk s’est doucement évanouie dans les limbes de la New et Dark Wave, mais également a énormément influencé des styles musicaux tels que le Hardrock, le Heavy Metal, le Gothique, la musique dite « industrielle » ainsi que les milieux undergrounds Techno, plus spécifiquement en influençant certainement les musiques extrêmes telles que le Speedcore ou le Frenchcore, qui constituent des styles extrêmes et durs, avec le Hardcore, au sein des musiques électroniques.

A la fin des années 70’s, plus personne ne croit au socialisme, élément qui reste hélas d’actualité. Certains gouvernements, dont le tristement célèbre « Tatcher », se sont appliqués à annihiler toutes formes de culture dissidente et à caractère provocateur, tout en coupant les subventions accordées à la culture, d’où par exemple la pauvreté du paysage cinématographique britannique des 70’s et 80’s (Cf. histoire du cinéma britannique). Autre exemple, dans la ville de Shefield (Angleterre), la vie des jeunes était devenue glauque et le bruit des forges et des marteaux-piqueurs rappelait une triste réalité sociale, où le taux de chômage ne cessait d’augmenter ainsi que le coût de la vie quotidienne.

« Les gens vivaient comme s’il n’y avait pas de lendemain ».

Cabaret Voltaire est un groupe anglais, originaire de Sheffield, de musiques New Wave et industrielle, influencé par le Dadaïsme (leur nom est emprunté au célèbre café dada basé à Zürich en 1916), utilisant la musique issue du bruitisme, dont l’objectif était de contester l’ordre établi en se moquant de la politique et des politiciens. Leur démarche artistique consistait à mixer des sons à l’aide de bandes magnétiques pour démontrer, entre autres, l’absurdité des choses. Les thèmes exploités par Cabaret Voltaire sont d’ordre politique (contre la violence politique), économique et social.

Le Dark Wave

C’est un genre musical qui est apparu à la fin des années 70’s, coïncidant avec la popularité croissante du mouvement post-punk, faisant émerger des courants musicaux tels que la New Wave et le Rock gothique, mettant en avant des groupes tels que Joy Division, Siouxie and the Banshees, The Cure et Depeche Mode pour les plus connus. Les autres genres associés à la musique Dark Wave sont généralement la New wave, Batcave, Deathrock, Cold Wave, Dark Folk ainsi que la Synthpop, dont les instruments prédominants sont les synthétiseurs, les boîtes à rythmes, les percussions et les guitares.

Le Dark wave se caractérise souvent par des paroles introspectives et une certaine tendance à la mélancolie. Les groupes post-punk anglais ont largement contribué à l’expansion de la culture gothique.

Dans les années 80’s, la scène underground berlinoise est très active. Des conflits sont déclenchés à la suite de l’évacuation d’un célèbre squatt artistique berlinois.

Pour Mona Mur, chanteuse allemande de Dark Wave, le mouvement gothique est le paroxysme de la noiceur, de la dureté de la vie et de la folie. Ici, il n’est pas question de faire de la provocation dans le seul but d’en faire, mais il est plutôt question d’exprimer une réalité, à travers l’expression de la colère, sorte d’exorcisme contre les mondes politique et militaire.

Le désespoir et la solitude atteignent leur apogée au sein d’une musique bruitiste qui devient par la force des choses une musique radicale et extrême. Ce qui contribuera à l’apparition de la musique industrielle et à la production de films trashs. (Cf. réalisateur John Waters).

Au même moment, on voit apparaître la musique fonctionnelle ; une musique qui accompagne les cours d’aérobic, en plein essor à cette époque (on se souviendra que ce phénomène avait même envahi nos écrans de télévision), qui témoigne du développement d’une mode qui perdurera jusqu’à nos jours, celle du culte du corps, révélant l’influence de l’esprit capitaliste américain sur le reste du monde.

Le plus intéressant serait de pouvoir se donner les moyens de constater à quel point la musique peut se décliner dans ses expressions les plus variées, de la plus simple à la plus complexe et ainsi trouver des auditeurs susceptibles de s’y intéresser au-delà des exigences du marché du disque.

L’existence d’une scène gothique underground et Dark Wave en est la preuve. Cette scène alternative et énigmatique est souvent stigmatisée par le caractère sombre et mélancolique qu’elle diffuse. Le mystère et l’inaccessible en constitue les symboles qui verront émerger le « Deep Thinking », mouvement totalement dépourvu d’humour.

Le mouvement gothique underground fait appel à une multitude de domaines tels que l’architecture, la politique, l’art, la sculpture, la poésie, la peinture, la photographie, la littérature, le cinéma et la musique dont les textes étaient souvent très durs et sanglants.

Le signe de reconnaissance était le mode vestimentaire, qui reste toujours en vigueur aujourd’hui dont l’élément noir était prédominant.

Le club Batcave était dans les années 80’s un club connu pour ses soirées fétichistes où les reconstitutions de roman d’horreur étaient à l’honneur. Il arrive parfois que le gothisme se teinte de romantisme mélancolique. D’ailleurs, pour certains adeptes, la culture gothique et wave est plutôt synonyme de pacifisme.

Le groupe The Cure contribuera à faire connaître ce mouvement auprès du grand public et le groupe Depeche Mode deviendra une référence dans le milieu gothique français des années 90’s.

Que signifie le gothisme au sens philosophique du terme ?

C’est avant tout une tournure d’esprit qui consiste, non pas, comme on pourrait le croire, en l’obsession de la mort, mais plutôt, à la manière des samouraïs, en la prise de conscience de cette dernière. Ce qui rejoint, à mon humble avis, la pensée du bushi ; car ce personnage qui appartient à une période du passé féodal japonais, ressentait le pathétisme des choses au plus profond de son être, conditionné certes par une éducation sévère mais qui lui conférait la capacité à se confronter à la mort en l’incluant dans son mode de vie.

Le mouvement Dark Wave est un mouvement artistique qui a énormément influencé le milieu de la mode. Croyances, superstitions, mélancolie, idées noires et suicidaires ne sont que des concepts qui concourent à l’élaboration d’un jeu artistique, une mascarade dont personne ne serait dupe. C’est un mouvement spectaculaire au sens premier du terme, faisant appel au développement des cinq sens tels que la vue et l’odorat mais également à toute une palette de concepts adoptant la provocation comme leitmotiv.

Aujourd’hui, l’élément musique passe au second plan au détriment de la scénographie et des jeux de lumières. Les thèmes abordés dans les chansons évoquant souvent la colère et la quête d’un avenir meilleur. Dans les années 80’s, cela correspondait à une accumulation de l’agressivité contre tous ceux qui étaient responsables (et le reste certainement) du monde tel qu’il est devenu avec une peur perceptible d’une guerre nucléaire qui certainement été aussi susceptible de faire des ravages au sein des populations civiles.

De nos jours, la raison n’a pas changé, nous en voulons toujours a ceux qui nous laisse un monde ravagé par les guerres, les conflits d’état ainsi que les successives crises économiques.

L’art existe également pour exprimer une multitude de sentiments dont la violence et la noiceur mais il permet également d’exprimer le bonheur et la joie. En cela, j’ai retenu une petite phrase d’un psychologue devenu chanteur : « On peut écrire d’excellentes chansons sans être nécessairement dépressif ou mélancolique ».

Bref, je souhaitais également surtout mettre en avant l’inutilité de stigmatiser un mouvement artistique plus qu’un autre et il est important à mon humble avis de faire attention à ne pas réduire ces mouvements à un simple sectarisme car certains d’entre eux sont malheureusement récupérés à des fins politiques où l’on prône des idées et des comportements assez controversés notamment à caractère raciste.

Même si l’art fait référence à la religion, à la foi, au satanisme, on est en droit de se poser des questions sur les intentions de l’auteur. L’art est également là pour qu’il se produise des interprétations et des explications.

« Finalement, ce qui fait peur, c’est l’invisible ».

Des musiques telles que le Rock, Hardrock, le Heavy et Black Metal tout comme la musique Punk sont sensées effrayer l’establishment et se font écho de revendications sociales pour certaines.

La musique post-Punk

Pour ce qui est de ces genres musicaux, je dois avouer que mes connaissances se limitent aux chants souvent incompréhensibles proférés avec agressivité et violence, que l’on pourrait interpréter tels des revendications, un refus des règles établies, la culture du mauvais goût et de l’absurde car il est vrai que la voix prédomine sur les autres instruments.

Mes années 80’s ont été marqué par Nina Hagen, que je considère comme une cantatrice et un des symboles de la culture Punk et revendicative. Mais, bizarrement, c’est le fameux titre « African Reggae » qui m’aura le plus influencé car ce qui était mis en avant était une influence certaine à la musique reggae qui à également marqué cette période.

Dans ce domaine, mes années 90’s et 2000 ont plutôt été marquées par des groupes tels que Kulk et The Sugarcubes, The Clash, Madness, Orchestral Manœuvre in the Dark (OMD) ainsi que la Mano Negra, groupe français de Rock alternatif.

The Kulk

Il ne fait aucun doute que si je me suis intéressée en premier lieu à cet ancien groupe anarcho-punk islandais créé en 1983, c’était à cause de la présence de la chanteur Björk dont la voix prédominait dans le groupe. De fil en aiguille, je me suis détachée de ma première démarche afin de m’intéresser au côté expérimental du groupe. Car en effet, si ce groupe prônait avant tout le côté anarchique des choses, ce ne sont pas les textes qui m’ont accroché mais bien l’aspect mystique, « Kulk » signifie littéralement en islandais « sorcellerie », ainsi que le fait qu’il y était également question de bruitisme et d’utilisation de sont que l’ont pourront presque qualifier de minimalistes. La voix de Thor Eldon venant bien souvent le côté lyrique de la voix de Björk.

The Eye et Holidays in Europe restent les deux seuls albums connus de ce groupe très particulier et qui finira par changer de nom pour devenir The Sugarcubes, dont les sonorités étaient beaucoup plus rock et « mainstream » bien que les textes restaient d’une extrême légèreté.

Il m’a été récemment donné l’occasion d’assister à un concert de musique Punk et Heavy Metal, concert qui s’est déroulé à la Miroiterie, à Paris.

Non pas que je découvrais un monde musical particulier, mais j’appréhendais la musique d’une manière différentes, étant ouverte à de nouvelles formes musicales pouvant enrichir ma petite base de données et de voir de quelle manière nos artistes contemporains sont influencés par le monde qui nous entoure. Et puis, tout à fait par hasard, j’ai eu l’occasion de pouvoir prendre contacte avec l’un des membres du groupe « The Aint », groupe de rock alternatif qui m’a étrangement fait penser à des groupes britanniques des années 8à tels que The Clash ou Madness (d’ailleurs certaines de ces mélodies me trottait dans la tête tout en écoutant le concert) et j’en ai donc profité pour lui poser quelques question sur sa vision de la musique…

Phoebe : Quelles influences ou références musicales avez-vous ?

 

Fred : Nos influences sont assez vastes avec une solide base rock.

Je vais citer vite fait par ordre « logique » : David, le chanteur, est très punk américain mais a une largesse d’esprit telle qu’il est chanteur dans un groupe Electro-Punk, par exemple.

Gilles, le guitariste, écoute pas mal de Brit-Pop mais est passé par des phases comme Depeche Mode et d’autres trucs qu’écoutent les plus de trente ans, qui viennent d’un temps que les moins de vingt ans…

Arsène, l’organiste (ou « clavieriste », mais c’est pas beau, je trouve), est le vieux briscard du groupe. Influencé par les années 80, dont il a été acteur, il est plutôt rock alternatif. On pensera à la Mano Negra et toute cette époque…

Pierrick, le bassiste, écoute de tout mais on entend souvent du Reggae et de la Brit-Pop dans sa voiture… Paradoxale ?

Fred, le batteur et votre serviteur pour cette interview, est passé par le punk, le rock et l’électro.

Tous très éclectiques, ça nous donne ce mélange alternatif qui tend de plus en plus vers le côté Brit-Pop, quand même…

Ceci depuis l’arrivée de David en début d’année qui a aidé à tracer la route qu’avait pris The Ain’t deux ans avant.

 

Phoebe : Lorsque que je vous ai écouté, cela m'a rappelé quelques groupes anglais tels que The Clash ou Madness, pensez-vous être les descendants de ces groupes mythiques ?

 

Fred : Descendants, je ne sais pas, ce serait très présomptueux de notre part même s’il est évident que nous avons écouté ces groupes et qu’ils font partie de nos racines musicales.

Mais bien d’autres groupes, et pas forcément d’anciens, nous font vibrer et nous sommes évidemment influencés par eux.

 

Phoebe : The Ain’t, revendications politique et sociale ou simplement art de vivre ?

 

Fred : Les deux ? Ce nom reflète bien pour nous l’état, actuel et passé, et nous n’espérons pas de futur, du monde qui nous entoure.

Nous vivons presque tous dans le même marasme et les termes « Ain’t got no fun », Ain’t got no money », « Ain’t got no… »… correspondent bien à l’ambiance générale.

L’impression aussi que notre voix ne compte pas. Ou que nous sommes seulement des portes-monnaies vivants… The Ain’t représente donc cette voix qui n’a pas d’existence…

Et art de vivre car la négation de ce qui nous entoure de plus mauvais nous permet de survivre… C’est, cependant, de plus en plus dur de survivre…

 

Phoebe : Avez-vous un avis à apporter sur la scène underground en générale, parisienne en particulier ?

 

Fred : A part que je kiffe ?

Que j’aime cette proximité avec les personnes avec quand même un but inavoué de vouloir investir de plus grande scène…

La scène underground est très combattive. Et ses acteurs sont pour la plupart des personnes engagées et très urbaines.

Nous arrivons avec les divers acteurs de la scène à organiser des évènements, des concerts et à produire, tant bien que mal, des artistes qui valent le coup d’être écouté.

Pouvons nous arriver à la conclusion que nous en sommes arrivé à ce niveau de solidarité et d’entraides « grâce » aux diverses politiques engagées ? Celles qui visent à tuer la culture, l’éducation, la santé…

Mais je m’écarte du sujet là… ;p

 

Phoebe : Le prochain concert : où et quand ?

 

Fred : Bah, ce samedi à Nantes à la convention de tatoo qui y est organisée (notre chanteur est le célèbre David Morrison, tatoueur et star de son état). Nous jouons en début de soirée.

Et le prochain de prévu après est en décembre au Combustible, à Paris.

Nos dates de concert et les flys sont sur notre site et nos réseaux sociaux .

Peut-être qu’on s’y retrouvera un jour ! 

Merci à toi, en tous cas, pour les photos et cette interview !

On aurait presque l’impression d’avoir des choses à dire…

Fred

 

Sources :

Welcome to the Eighties ~ Emission du 29/09/2011 ~ Arte.tv

Techno Rebelle, un siècle de musiques électroniques ~ Ariel Kyrou ~ 2002

Voir également chronique "Exploration électronique : le Hardcore" : http://unefenetresurlemonde.over-blog.com/article-exploration-electronique-le-hardcore-64909825.html

 

 

Par Phoebe - Publié dans : Chroniques musicales - Communauté : Artistes Resistants Terribles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 09:56

Le sabre est une pratique qui nécessite volonté, régularité, entraînement, nous amenant à certaines réflexions d’ordres multiples. Après avoir « décortiqué » le Traité des cinq roues, manuel sur la voie du sabre et de la tactique écrit par Miyamoto Musashi, célèbre samouraï ayant vécu à l’époque du Japon féodal, je m’aperçus de ma volonté d’en apprendre plus sur la voie du sabre. Mais cette voie s’avère être très longue et c’est pour cette raison qu’il faut savoir s’armer de patience.

Au fur et à mesure de mon entraînement, je remarquais également que les « seiho » (techniques, littéralement « conduite du souffle ») et les « kata » (exercices) me plongeaient parfois dans des réflexions assez particulières, telles que la position de mon corps, celle de mes pieds, sur la manière de tenir mon bokken, de porter une frappe ou de parer une attaque. Autant de questions qui me viennent à l’esprit et je m’aperçois que certaines réponses surgissent naturellement quand d’autres sont un peu plus complexes à saisir. Tout ceci n’est possible qu’à travers une pratique quotidienne et intense.

Je fais partie de l’école Niten, l’école des deux sabres (Hyoho Niten Ichi Ryu), une koryu (école ancienne), créée aux 16ème et 17ème siècles, par Miyamoto Musashi, samouraï connu à travers tout le Japon, dont Iwami Toshio soke (Grand Maître) en est le 11ème successeur. Pour ce dernier, « on s’exerce au seiho pour rencontrer Musashi ». Ce qui, en théorie comme en pratique, s’avère être vrai dans le sens où l’on s’exerce dans la plus pure tradition nippone.

Nguyen Thanh Thiên senseï est l’enseignant qui nous transmet les anciennes techniques niten, vieilles de plus de 300 ans. D’après ce dernier, « un dojo est lieu où les questions se posent par la pratique elle-même. Il faut savoir déposer ses interrogations pour entendre l’enseignement au sabre. Pour cela, le silence et l’effort permettent une meilleure écoute du sabre ».

A mon humble avis, la pratique du sabre se révèle être plus qu’une pratique martiale, elle pourrait s’apparenter à une ascèse de vie, dont les sept vertus du samouraï en seraient les fondements. Respect et humilité, c’est ce que le sabre nous enseigne sans oublier que si nous sommes amenés à combattre, c’est uniquement et simplement pour conserver la vie.

Au cours de mes recherches concernant mon étude du sabre, je trouvai un livre fort intéressant, intitulé « Tactiques secrètes », retranscrivant quelques leçons proférées par les grands maîtres des temps anciens. L’auteur est lui-même un grand maître de karaté Shôtôkan (8ème dan), qui enseigna cet art à la fin des années 60 aux Etats-Unis. Kazumi Tabata est également un expert en zen et Kobudô.

Dans la culture matérialiste actuelle, il apparaît que la capacité de cultiver l’esprit semble avoir disparu. C’est un constat que j’ai pu faire. Nous ne pouvons ignorer de vivre au sein d’une culture qui ne prône pas toujours les « bonnes » valeurs, au détriment de l’humain.

Entre corps et conscience, confusion et anxiété, l’auteur de « Tactiques secrètes » décida de nous présenter le monde des techniques et de l’esprit en s’aidant de sa propre expérience ainsi que celle de ceux qui l’ont précédé.

« Il n’existe pas de chemin aisé pour maîtriser les secrets du monde. Un entraînement continu et une discipline scrupuleuse du corps révèlent les connaissances cachées qui pavent le chemin menant à la maîtrise du secret des choses ».

L’auteur nous livre dans son manuel, les techniques et pratiques des anciens maîtres, utiles pour la pratique et l’entraînement.

« Un véritable tacticien ne pense à rien si ce n’est à améliorer ses techniques sans aucune vanité ».

Les conseils de maître Tabata sont autant de leçons bénéfiques et à prendre en considération, car ils contribuent à une construction de l’esprit et à l’acquisition de techniques qui passent obligatoirement par l’entraînement.

 

LIVRE UN : LE LIVRE DES SEPT MAITRES

CHAPITRE UN : HEIHÔ-KADENSHO

Manuel de l’héritage des arts martiaux par Yagyu Tajimanokami Munenori (1571-1646)

La philosophie zen fait naturellement partie de la culture japonaise et se présente d’une façon concrète et empirique.

Le Heihô Kadensho est un manuel qui mériterait d’être lu car il donne un aperçu de philosophie zen originelle. Ce manuel a été écrit par Yagyu Munenori, seigneur de Tajima, maître très respecté et serviteur de la famille du Shôgun Tokugawa.

Munenori décida de transmettre ses théories ainsi que ses techniques de combat, qu’il avait acquises sur les champs de bataille.

La principale partie du Kadensho est consacrée à une description détaillée des moyens permettant de contrôler l’esprit pendant le combat et du type d’entraînement nécessaire pour parvenir à un tel contrôle. Dans ce livre, nous y trouvons, entre autres, des conseils sur tous les aspects de la vie et est considéré comme le représentant de la véritable essence de la bataille et de la vie.

 

A SUIVRE : Extraits du Heihô Kadensho

 

Source :

« Tactiques secrètes : leçons de grands maîtres des temps anciens »  ~ Kazumi Tabata ~ 2003

 

Par Phoebe - Publié dans : Chroniques martiales - Communauté : Artistes Resistants Terribles
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Profil

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Partager

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés