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Le blog de Phoebe

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Une autre manière de traiter, de décrypter et de comprendre ce que l’on nous donne à voir, à écouter, à lire…


LE CINÉMA HONG-KONGAIS # 1

Publié par Phoebe sur 4 Janvier 2016, 11:21am

Catégories : #Chroniques cinématographiques

LE CINÉMA HONG-KONGAIS # 1
LE CINÉMA HONG-KONGAIS # 1
LE CINÉMA HONG-KONGAIS # 1
LE CINÉMA HONG-KONGAIS # 1
LE CINÉMA HONG-KONGAIS # 1
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LE CINÉMA HONG-KONGAIS # 1
LE CINÉMA HONG-KONGAIS # 1
LE CINÉMA HONG-KONGAIS # 1


Dans le cinéma de Hong-Kong, il y a toujours eu deux styles : il existe des films d’arts martiaux et des films de Kung-Fu.


HISTORIQUE


Le mythe du héros se battant à mains nues date de la dynastie Yuan, dynastie mongole, fondée par Kubilai Khan, qui a régné sur la Chine de 1279 à 1368. A cette époque, la Chine est entièrement sous la domination mongole.


L'ethnie majoritaire de la Chine est les Hans, qui constitue d'une manière historique le peuple chinois. Elle est issue de l'ancienne ethnie Huaxia (populations de la Chine antique).


La dynastie Han est une période comprise entre 206 avant J.C. et 220 après J.C. et cette ethnie représente environ plus de 90% de la population chinoise, c'est-à-dire, qu'elle représente le plus grand groupe humain et la plus grande ethnie du monde.


L'ethnie des Hans vit très mal cette domination mongole car les dignitaires sont écartés des postes importants. Ces derniers se réfugient alors dans les monastères bouddhistes, en particulier au sein du monastère de Shaolin. A cette époque, les moines pratiquaient déjà les arts martiaux. Les multiples révoltes populaires finirent par chasser les Yuans en 1368.


La dynastie Qing est la dernière dynastie impériale à avoir régné sur la Chine entre 1644 et 1912. Cette dynastie d'origine mandchoue, succéda à la dynastie chinoise des Ming (1368-1644). Durant cette période, le régime est bien souvent tyrannique et les moines bouddhistes soutiennent également les révoltes populaires.


LES FILMS DE KUNG-FU OU KUNG FU PIAN


Le Kung Fu Pian est un genre cinématographique qui désigne les films de Kung-Fu, essentiellement produits en Chine et particulièrement à Hong-Kong.


Dans ces films, on utilise la technique véritable des arts martiaux, où ces derniers sont mis en valeur à l’écran. Les acteurs sont bien souvent des maîtres ou des disciples qui se sont entrainés de nombreuses années pour atteindre la perfection.


Au début, le cinéma d'arts martiaux chinois se porte sur la figure du chevalier errant, le wuxia (Cf. Article Blog de Phoebe : Les arts martiaux dans la culture populaire chinoise). Les premiers films de Kung-Fu sont tournés à partir de 1949 et mettent en scène le personnage de Huang Feihong ou Wong Fei-Hung.


Wong Fei-Hung (Huang Feihong, 1847-1924) était un révolutionnaire chinois, pratiquant les arts martiaux, spécialisé dans le Hung Gar, il excellait dans la « Danse du Lion », appelée également « Danse de la Licorne », danse traditionnelle originaire d'Inde, effectuée lors du Nouvel an chinois, pour faire fuir les démons et apporter la chance. 
Il était également acupunctueur et pratiquait la médecine traditionnelle chinoise. Ayant acquis une grande réputation dans le Kung-Fu, il fut reconnu et respecté pour sa forte personnalité, son honnêteté et ses valeurs morales. 
Considéré comme une sorte de Robin des bois chinois, il devint un héros très populaire et de nombreux films hongkongais produits entre 1950 et 1960, se sont inspirés de son histoire.
« The Story of Wong Fei Hung », produit en 1949 et réalisé par Wu Pang, est l'un des premiers films mettant en scène ce personnage.


Lien Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=YWqAMMpseFM


Le Hung Gar


C'est un style de « wushu gong fu » et son fondateur légendaire est Hong Xiguan (mandarin) ou Hung Hei-goon (cantonais), descendant de la dynastie Ming, né en Chine méridionale (Guangdong), lorsque le pays était sous la domination mandchoue de la dynastie Qing. Il est mentionné dans des textes chinois vers la fin du 18ème siècle.


Le Hung Gar est souvent appelé « style du Tigre et de la Grue », car le style reprend des postures imitant les cinq animaux classiques du Shaolin Quan : le dragon, le tigre, la grue, le léopard et le serpent.
Dans le film « The Grandmaster » réalisé Wong Kar-wai par en 2013, le Hung Gar est considéré comme une technique de défense et un des personnages le présente ainsi :

« Les 64 mains se combinent à l’infini. Le Wing Chun, c’est trois choses à la fois : la Pique, l’Aiguille et le Fourreau ».


Le Hung Gar compte quatre formes imaginaires de combat : la boxe du tigre embusquée, la boxe du poing mixte du tigre et de la grue, la boxe des cinq animaux et des cinq éléments et la boxe (interne) du fil de fer.
Le style repose sur l'étude de cinq animaux : le tigre, la grue, le léopard, le dragon et le serpent (Cf. Le Blog de Phoebe : Article Les Cinq animaux et les Huit pièces de brocart).


Les deux techniques les plus remarquables et les plus renommées du Hung Gar sont le « Fu Hok Sok Ying Kuen », plus connue sous le nom de style du Tigre et de la Grue ou « Tiger-Crane », et le « Sup Juet Sao ».


Le « Tiger-Crane » est la technique qui a permis à Huang Feihong de devenir le plus célèbre grand maître en Chine. Le « Sup Juet Sao » est issu du « Fu Hok Sok Ying Kuen ». 
C’est une série de dix principes que Huang Feihong pensait être les méthodes destructrices les plus efficaces du Hung Gar. Son efficacité a permis à Huang de devenir un véritable héros en Chine en ne perdant jamais un combat de toute sa vie.


 Ces grands principes sont : attaquer les yeux, couper la respiration, casser le visage, exploser les oreilles, briser les reins, tordre les tendons, casser les doigts, disloquer les articulations, casser les coudes et troubler le système nerveux. Cette technique étant extrêmement dangereuse, elle n’était enseignée qu’à un nombre restreint de disciples.

 
Huang Feihong semble avoir également été doué pour le maniement des armes, sa spécialité étant le bo (long bâton de bois). Le terme Bo étant un terme japonais, il est préférable d'employer le terme de Gun pour signifier le bâton (Gunshu étant le bâton du Nord et Nangun le bâton du Sud).


Le véritable succès en Occident des films de Kung-Fu date du début des années 1970, lorsque le producteur Raymond Chow quitte la société Shaw Brothers pour fonder la Golden Harvest. Il engage Bruce Lee (1940-1973), disciple de Ip Man (Cf. « The Grandmaster », Wong Kar-wai, 2013 ; « Ip Man », Wilson Yip, 2008) qui joue dans « The Big Boss », film réalisé par Lo Wei, sortie en France en 1973.

Cf. « Le Justicier de Shanghaï », Chang Cheh, Hong-Kong, 1972.


Cela entraîne une vague de production de films de Kung-Fu avec des réalisateurs comme Chang Cheh et Liu Chia-liang.
Le Kung Fu Pian a eu une énorme influence sur le cinéma américain, notamment avec des films comme « Matrix » (Larry et Andy Wachowski, 1999) et « Kill Bill » (Quentin Tarantino, 2003).
Le Kung Fu Pian est un genre de film d'action et se distingue du film de sabre ou Wu Xia Pian.


LES FILMS DE CAPE ET D’ÉPÉE OU WUXIAPIAN


Cf. Le Blog de Phoebe : Article « Les arts martiaux dans la culture populaire chinoise ».


Ce genre cinématographique utilise plus l’aspect fantastique et l’imaginaire. La production de ce style de films était conséquente (du Noir & Blanc jusqu’aux premiers films de la Shaw Brothers).
Mais l’évolution se limite à ce genre. En général, ce sont des films où les combats se déroulent toujours à l’arme blanche, on projette des objets, on vole dans les airs, on virevolte, on s’affronte et quelqu’un meurt. On s’affronte de nouveau et un autre personnage meurt encore.


Des cinéastes comme Liu Chia-liang, Sammo Hung, Yuen Woo-Ping réalisaient ce genre de films. La Shaw Brothers et le réalisateur Chang Cheh ont voulu aller plus loin dans les récits cinématographiques du genre.

 
Liu Chia-liang disait : « On a les armes classiques du 18ème siècle, mais on a aussi tous les arts martiaux chinois qui constituent une multitude de formes différentes de combat. Pourquoi ne pas montrer le Tigre, la Grue, le Serpent, la boxe de l’homme ivre, le Taï-Chi ? Toutes ces techniques, il faut les rassembler ».

 

Cf. « Fureur Shaolin » (Chang Cheh, 1978, Hong-Kong)
Synopsis : Un seigneur machiavélique cherche à monter les élèves de l’école de Shaolin du Nord contre ceux de l’école du Sud, dans l’espoir qu’ils s’entretuent. Mais les combattants du sud sont assassinés par le seigneur qui fait porter la responsabilité aux combattants du nord. Décidé à venger ses élèves, le vieux maître du sud envoie ses trois meilleurs combattants pour laver l’affront fait à son école.


Cf. « Shaolin contre Wu Tong » (VA : « Shaolin and Wu Tang » ; VO : « Shao Lin yu Wu Dang »), film réalisé par Gordon Liu, produit par Lau Kar Leung alias Liu Chia-liang et sorti en 1983 à Hong-Kong. Film à ne pas confondre avec Shaolin vs Wu-Tang, film réalisé par Chang Cheh et sorti en 1981.
Synopsis : Un prince mandchou piège des maîtres Shaolin et Wu Tang afin qu'ils s'affrontent ensemble. Deux anciens amis doivent alors s'affronter, mais préfèrent demander conseil à leurs supérieurs. Ceux-ci découvrent la machination et les deux écoles s'unissent pour combattre le prince.


Ces deux films ont permis d’étoffer les scènes d’action ainsi que les personnages.
Les personnages incarnés par Bruce Lee ou Wang Lu étaient plus crédibles dans les films d’arts martiaux, par Wong Fei-Hung plus tard. Cela permettait au spectateur de pouvoir s’identifier au personnage.
A l’époque, c'était un directeur des combats qui dirigeait les films de sabre. Ces films ne montraient pas simplement le Kung-Fu que l’on connaît. C’était une sorte d’art martial imaginaire.
Cf. « Le Trio Magnifique », chorégraphie Liu Chia-Liang, réalisé par Chang Cheh (Hong-Kong, 1966).


Quel a été le plus grand accomplissement ?


La technique de la maîtrise des câbles a été un plus accomplissement dans la production de films de sabre, c’est pourquoi il y avait de nombreux combats aériens. Les films d’action qui jouaient sur le fantastique se sont ancrés de plus en plus dans la réalité. De même, dans les séries, Kung-Fu et Wuxiapian, une évolution s’est mise en place.
Bruce Lee a eu un grand impact parce qu’il a montré que le Kung-Fu pouvait avoir du contenu, être visuel et émouvoir.


LES RÉALISATEURS


CHANG CHEH


Réalisateur chinois (1923-2002) qui fut l’un des principaux réalisateurs du studio Shaw Brothers. Diplômé de politique, il émigre à Hong-Kong où il devient critique de cinéma. Il commence sa carrière dans le monde du cinéma en tant que scénariste. Il tourne son premier film en 1949: «Storm over Ali-shan Mountain», puis entre à la Shaw Brothers. Il rencontre le succès grâce à « Un seul bras les tua tous » ou « La Trilogie du Sabreur Manchot » (VA : « The One-Armed Swordsman »), sorti en 1967.

« Le Bras de la Vengeance » (VA : « Return of the One-Armed Swordsman »), réalisé en 1969, constitue le second volet de la trilogie. « La Rage du Tigre », réalisé en 1971 est le troisième volet de la trilogie.


Inspiré du chambara eiga, de nombreux films de Chang Cheh sont caractérisés par la violence graphique et le nombre important d’individus tués ou mutilés. « La Rage du Tigre » (VA : «New One-Armed Swordsman») et son final en est le meilleur exemple. Ces films sont également caractérisés par la faible place dévolue aux femmes.


En 1968, il réalise « Le Retour de l’hirondelle d’or » (VA : « Golden Swallow ») qui est la suite du film à succès de King Hu : « L’hirondelle d’or » (VA : « Come drink with me »).
En 1972, il adapte les quatre grands classiques de la littérature chinoise (Cf. Le Blog de Phoebe : Article Histoire de Shaolin et des arts martiaux chinois, Analyse cinématographique de la trilogie de la 36ème chambre de Shaolin), « Au bord de l’eau », dans « La Légende du lac » (VA : « The Water Margin »).


Par la suite, Chang Cheh tournera plusieurs films sur les moines du monastère de Shaolin :

  • « Les Cinq Maîtres de Shaolin » (VA : « Five Shaolin Masters ») (Hong-Kong, 1974)
  • « Shaolin Martial Arts » (Hong-Kong, 1974)
  • « Les Disciples de Shaolin » (VA : « Disciples of Shaolin ») (Hong-Kong, 1975)
  • « Le Temple de Shaolin » (VA : « Shaolin Temple ») (Hong-Kong, 1979)


A SUIVRE : Le cinéma hongkongais # 2 : les réalisateurs : Liu Chia-liang


Sources :
Internet
La trilogie de la 36ème chambre de Shaolin - DVD
 

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