Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le blog de Phoebe

Le blog de Phoebe

Une autre manière de traiter, de décrypter et de comprendre ce que l’on nous donne à voir, à écouter, à lire…


LES CINQ ANIMAUX ET LES HUITS PIECES DE BROCART

Publié par Phoebe sur 4 Janvier 2016, 11:22am

Catégories : #Chroniques martiales

Article mis à jour le 8 Mai 2015

 

« Le silence est très important. C'est en respectant un espace sacré où on reçoit un enseignement que l'on peut pratiquer et se régénérer en toute humilité. Le silence est de rigueur car il permet de ressentir toutes sortes d'émotions. Il permet également la concentration pour faire ressurgir l'énergie vitale « le ki » ou « le qi ». Etre silencieux, c'est apprendre à écouter son coeur et à parler avec les yeux. Le Budô est un art qui s'apprend et qui s'expérimente à chaque instant ».

 

LE WUSHU


Le « wushu » est une école et un style d’arts martiaux dont les techniques sont basées sur les enseignements du taoïsme et sur l’enseignement bouddhiste du Shaolin Si (Si = temple).


« Wushu Gong Fu » signifie « la maîtrise de l’art martial ». L’origine des arts martiaux est truffée de contes et de légendes (Cf. Le Blog de Phoebe : « Contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon »), chaque style ayant développé sa propre légende. Ces légendes ne sont pas à prendre pour des « réalités historiques », mais comme des transpositions métaphoriques, dans des symbolismes spécifiques à la Chine, du mythe des origines et du mythe du surhomme.


Les « wushu » comprennent des postures (« bo »), des gardes (« taidu »), des attaques de poings (« quan ») et de pieds (« jiao »), ainsi que des enchaînements.
Les arts martiaux internes sont plutôt d’origine taoïste. L’entraînement est souvent solitaire, avec des mouvements décomposés et lents.
Il existe deux conceptions du combat :

 

  • Méthode interne : elle développe la force intérieure, permet l’étude des points faibles, l’étude de la médecine et de la philosophie.
  • Méthode externe : elle repose sur l’usage de la force physique et de mouvements rapides.


LE KUNG-FU (cantonais) ou GONG-FU (mandarin)


Le Kung-Fu est le nom donné aux boxes chinoises dites externes, mais le terme que l’on devrait normalement utiliser est « wushu ».
Les moines de Shaolin pratiquent le Kung-Fu, selon une tradition vieille de plus de 1500 ans. Le monastère de Shaolin a vu naître les arts martiaux chinois qui ont, par la suite, donné naissance aux différents styles modernes que nous connaissons aujourd’hui.


L’esprit émane de l’esprit pacifiste du bouddhisme, tolérance et joie de vivre. Le Kung Fu Shaolin est aussi une école de la vie.
Le « Shaolin Si » est un temple bouddhiste fondé en 496 dans la province du Henan, centre-est de la Chine, sur le Mont Song Shan.
Pour se défendre contre d’éventuels agresseurs de l’époque, les moines, qui n’ont pas le droit de tuer un être vivant, ont inventé des techniques secrètes de lutte à mains nues.
Leur enseignement comporte deux aspects :

 

 

  • INTERNE : mouvements d’avance et de retraite en souplesse et maîtrise de la respiration (« Nei Jia »).
  • EXTERNE : entraînement en vue de contrer un adversaire en retournant sa force contre lui (« Wai Jia »).


C’est au 18ème siècle que sont apparues certaines écoles influencées par les techniques des moines Shaolin, techniques qui se répartissent :

 

  • en postures (« tui-fa »),
  • déplacements (« pu-fa »),
  • blocages (« lan-fa »),
  • coups de poing (« chuan-fa », « quan-fa »),
  • techniques des mains (« shu-fa ») et des jambes (« tek-fa »)
  • ainsi que diverses techniques de saisies (« lu-fa »)


Les maîtres-mots du Kung-Fu Shaolin sont :


FORCE, SOUPLESSE, ÉQUILIBRE, RÉSISTANCE, RAPIDITÉ ET DÉTENTE


KUNG FU SHAOLIN

 

LES CINQ ANIMAUX


Cet art martial s’inspire des animaux vivants dans la nature tels que le tigre, le dragon, la grue, le serpent et le léopard. Au 17ème siècle, d’autres styles verront le jour, tel que l’aigle, la mante religieuse, le singe et l’homme ivre.


Style du Tigre (« hu xing »)

C'est un style qui est plus axé sur la force physique, permettant de renforcer le squelette et la musculature. Le Tigre symbolise la force, la puissance et la férocité. Cette technique consiste à attaquer avec puissance sur une ligne droite, avec saisies et coups de paume. La majorité des coups du Tigre s’oriente vers une forte attaque externe.

« La Griffe du Tigre » (« hu zhua ») est la technique la plus répandue, formée en repliant les doigts vers la paume de la main.

 

Style du Léopard (« bao xing »)

Ce style symbolise la vivacité, la souplesse et l’agilité, et est basé sur la rapidité et l’agressivité.

« Le Poing du Léopard » se rapproche de « La Griffe du Tigre » : les doigts sont repliés de façon à ce que la phalange proximale se trouve dans le prolongement du dos de la main.

 

Style du Serpent (« she xing »)

Ce style est basé sur la force interne et inclu des techniques du Qi Gong, opposé au style du Tigre.

Le style du Serpent est l’un des plus dangereux pour l’adversaire car il permet de porter des coups dévastateurs, en ne prenant que peu de risque et en ne mobilisant que peu de force.
Les attaques sont toutes internes, se font souvent avec les doigts (attaque sur une petite surface afin d’accentuer la douleur et donc de dissuader) et consistent à atteindre des parties très fragiles du corps humain, comme les yeux, la gorge ou le nez. 
La pratique du Serpent requiert un esprit calme et posé durant le combat.

 

Style de la Grue (« he xing »)

C'est un style dont les mouvements sont axés sur le côté visuel et artistique de la pratique, qui permet de travailler les tendons et les ligaments. 
Le style de la Grue était considéré par les Chinois comme un symbole de longévité.
La technique demande de se tenir à distance respectable de l’adversaire. Les attaques consistent en des mouvements rappelant celui de la Grue : on utilise les ailes (« he yi ») ou le bec (« he zui »). Les mouvements se traduisent par le tranchant intérieur de la main ainsi qu’un coup similaire à une pique formée des quatre premiers doigts en partant du pouce tendu.
Tout comme le style du Serpent, la Grue utilise des techniques sur les poings de pression permettant d’appliquer une douleur intense en déployant très peu de force musculaire.

 

Style du Dragon (« long xing »)

Le dragon est l'animal mythologique de la Chine symbolisant la force et la suprématie.
C'est un style spirituel qui utilise des techniques internes comme externes, qui se caractérisent par des combinaisons de techniques de saisies (« Qin na ») ainsi que par des frappes avec les « Griffes du Dragon ».
On peut considérer cette technique comme l’union du style du Tigre et du Serpent.

 

Style de l'Aigle (« ying xing »)

Ce style est réputé pour ses techniques de saisies, style alliant le « Qi na » et un style du nord, qui requiert une grande force dans les doigts en vue d’imiter les serres d’un aigle pour agripper l’adversaire afin de porter une frappe rapide.
Le style est axé sur l’importance de la puissance, de la vitesse et de l’équilibre dans l’exécution des coups.

 

Style de la Mante religieuse (« tang lang xing »)

Ce style est apparu au 17ème siècle, basé sur des saisies de l’adversaire et sur la rapidité des contre-attaques.
Les caractéristiques du style sont rapidité et explosivité.

 

Style de l'Homme ivre (« zui xing »)

C'est une boxe très particulière qui se caractérise par une attitude d’ébriété. Ce style requiert une certaine décontraction ainsi qu’une excellente souplesse car les techniques doivent associer souplesse et fermeté.
Un petit verre doit être simulé avec la main lors des frappes.

 

Style du Singe (« hou xing »)

Le style du Singe n’est pas à prendre au premier degré. On ne doit pas considérer toutes les techniques du Tao comme des applications concrètes. Idem pour le style de l’Homme ivre.
Ce style symbolise la ruse, l’adresse, l’agilité et la vivacité. Il possède des mouvements rapides, avec des brusques changements de rythme et d’orientation, ce qui permet de dérouter l’adversaire et ainsi de créer des ouvertures intéressantes en situation de combat.
Le Singe est un style très technique et l’un des plus difficiles.

 

LE QI GONG (CHI GONG ou CHI KUNG)

C'est une gymnastique traditionnelle ainsi qu'une science de la respiration, technique d'origine chinoise, fondée sur la connaissance et la maîtrise de l’énergie vitale, tout en associant des mouvements lents, des exercices respiratoires et la concentration.


Qi Gong signifie littéralement « exercice relatif au qi » ou « maîtrise de l’énergie vitale ».
Vers le 5ème siècle, Boddhidarma développait le Qi Gong, en s’inspirant des gymnastiques taoïstes de longévité, dans le Wushu de l’école de Shaolin, plus communément appelé de nos jours Kung-Fu Shaolin, au monastère du même nom, situé en Chine.


Falun Gong : variante du Qi Gong

Cette technique permet de revenir à la source des enseignements du Qi Gong en recherchant simultanément le développement physique et spirituel. Elle vise à garder le corps en bonne santé et à éveiller la conscience au maintien d’une bonne moralité. Son enseignement combine la pratique de la méditation, des exercices comportants des mouvements lents et souples et le travail sur soi à travers trois principes :

  • Authenticité (Zhen)
  • Bonté (Shan)
  • Tolérance (Ren)

 

LE BADUANJIN OU LES HUIT PIECES DE BROCART

Le « baduanjin » ou « les huit pièces de brocart » sont une série d'exercices de « qigong » préparant le corps à la pratique du « Tai Chi Chuan ».

Ce sont des techniques qui permettent de rendre l’organisme plus résistant et de prolonger la vie. Le but est d'ouvrir les trois portes « sanguān 三关 », c’est-à-dire dénouer les épaules, la taille et les hanches afin de faciliter la circulation du « qi ».

Littéralement les 8 « 八 bâ » pièces « 段 duan » de brocart « 金 jin », ces exercices furent créés par Yue Fei (Général du 12ème siècle après JC) pour améliorer la santé de ses soldats.

Ces techniques évoquent le brocart, longue étoffe de soie brodée portée par les nobles qui symbolise la bonne santé.

 

Technique

Le corps est détendu et l'esprit concentré. Il faut procéder à des étirements doux et continus (pour éviter le réflexe ostéotendineux trop fort), afin de rechercher une sensation agréable sans contrainte, le but étant de rechercher le centre et la rectitude et par conséquent, légèreté et enracinement y sont requis.

La pratique idéale se fait en prenant son temps dans un lieu calme et bien aéré, calmement à un rythme respiratoire normal en respirant par le nez. Chaque geste se répète trois fois de chaque côté, pour un effet profond et symétrique. Il est conseillé de faire cette gymnastique après un réveil musculaire et articulaire.

 

Les huit postures

A l’origine, il existait douze exercices, ramenés à huit aujourd’hui. C'est un principe d'enchaînement de huit mouvements aux noms évocateurs.

Les premières traces écrites de ces exercices peuvent se retrouver dans des textes de l'époque Song, le « Dao Shu » et le « Yijian Zhi ».

Les huit postures se pratiquent à la suite l'une de l'autre soit assis, soit debout. Sur les dessins de la version du général Yue Fei, elles portent chacune un nom évocateur et pragmatique qui peut se traduire ainsi :

1. Soutenir le ciel avec les mains prend soin du triple réchauffeur :

« Porter le ciel dans ses mains » ou « soutenir le ciel par les mains »

2. Imiter l'arc et viser l'aigle :

« Tirer à l'arc sur un aigle » ou « bander l'arc et viser l'aigle »

3. Stimuler la rate et l'estomac d'un seul geste :

« Soulever la montagne d'un bras » ou « séparer le ciel et la terre »

4. Regarder derrière pour prévenir les cinq maladies et les sept blessures :

« Regarder en arrière pour détecter les cinq maladies et les sept malaises » ou « la chouette regarde vers l'arrière »

5. Agiter la tête et secouer la queue pour calmer le feu du cœur :

« Apaiser le coeur en tournant la tête » ou « l'ours se balance »

6. Saisir les orteils pour renforcer les reins : « Renforcer les reins en saisissant les pieds » ou « toucher les pieds des deux mains »

7. Soulever sept fois les talons pour traiter la maladie : « Secouer le corps pour éliminer les maladies » ou « ébranler la colonne de jade »

8. Serrer les poings pour augmenter la force physique :

« Augmenter la force en serrant les poings » ou « serrer les poings »

 

Yi Jin Jing

Technique qui prépare le corps aux mouvements rapides. Tous les exercices de Qi Gong nécessitent de la patience et une pratique régulière. Afin d’obtenir une maîtrise complète des arts martiaux, il est nécessaire de pratiquer le Qi Gong.


Le San Huang Pao Chui

Littéralement « boxe canon-marteau des Trois Empereurs », art martial chinois qui consiste à délivrer des coups vifs et puissants, tel un marteau. Style de « l’Ecole de Trois Empereurs », faisant référence aux maîtrises de l’Homme, de la Terre et du Ciel. Jadis, elle portait le nom de « l’Ecole des Trois Jaunes ».


Le San Huang Pao Chui repose sur le principe du Yin (principe féminin) ainsi que sur le principe Yang (principe masculin).
Un des principal objectif est le développement de la vitalité et de l’intérêt tout particulier apporté au travail sur les organes.


Essence de la pratique

Il existe deux postures de base :

  • SHIZIBU : le pas en forme de croix
  • SHIZICHUI : le poing-marteau en forme de croix

La grande lance (mesurant trois à cinq mètres de long) tient une place fondamentale et fait partie du travail de base du style. Cela équivaut aux formes à mains nues.

La devise de l’école des Trois Empereurs est : « S’entraîner aux poings sans s’entraîner à la grande lance, n’est pas s’entraîner à la boxe du poing canon-marteau ».

Le San Huang Pao Chui trouve son origine sur le Mont Emeishan, situé dans la province chinoise du Sichuan. 
L’essence de la pratique du San Huang Pao Chui se situe sur la formation et la transformation du corps. Le but est d’étirer certaines parties du corps comme les articulations, les tendons, les muscles ainsi que les organes, afin de les rendre plus élastiques, c’est-à-dire, tendres et fermes à la fois.


Le travail de base repose sur le relâchement du corps et non sur la force physique. Les muscles ne doivent pas générer une force de frappe, ils doivent être utiles aux mouvements. La force de frappe vient de l’utilisation du corps tout entier ainsi que de la vitalité, qui prend sa source au sein des organes internes. Lorsqu’une partie du corps bouge, tout le corps doit bouger. Une bonne utilisation de ce principe permet de porter la totalité du poids du corps sur une zone d’impact. La vitalité permet de dégager une grande force tout en maintenant le corps souple.


Le San Huang Pao Chui est une pratique qui suit les principes du Taoïsme et veille à être en harmonie avec les règles de la nature. La connaissance et la compréhension de la théorie et de ses règles tiennent une place majeure dans l’entraînement : « la théorie est l’essence des capacités, la méthode en est la base ».


Tout principe développé dans la théorie débouche sur une transformation physique visible et sur une application concrète au combat : la force des frappes doit se faire à la fois comme un coup de canon et comme un coup de masse. Le corps est vigoureux et flottant au vent, les mouvements doivent être rapides, féroces, habiles et prompts.


Bénéfices de la pratique

Développement des racines, assouplissement et mobilité de la taille, ouverture des articulations, compréhension des différents vecteurs de force, mobilisation et apaisement du Qi, accroissement de la vitalité, agilité et fermeté dans les déplacements, alternance du ferme et du souple dans les mouvements, application de la maîtrise des angles et du principe de protection du corps.
Il existe des exercices spécifiques insistant sur les principales qualités de chacun des animaux suivants : Singe, Ours, Tigre, Tortue, Dragon.


Citations du San Huang Pao Chui

« Poing et théorie ne font qu’un ».
« L’essentiel est le Qi, la théorie vient en premier ».
« Un cœur calme et le Qi apaisé, la langue touche le palais, le Qi s’écoule au plus bas du Dantian ».
« Je m’entraîne aux racines, pas aux branches ».
« Qui s’entraîne à l’art, sans entraîner la taille, n’atteindra jamais un haut niveau ».
« A l’extrême de la fermeté, à l’extrême de la souplesse ».
« Sans force est la meilleure force ».
« Le relâchement est mon aptitude ».


Sources et références :
Internet
Voir également Les trois sagesses chinoises : Le taoïsme, Le confucianisme, Le bouddhisme (Le Blog de Phoebe).

Lien Vivre QiGong : http://www.vivre-qigong.fr/qi-gong/les-8-pieces-de-brocart/
 

Article mis à jour le 8 Mai 2015

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents