Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 11:50

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" L’historien a pour première tâche de restituer à la société l’Histoire dont les appareils institutionnels la dépossèdent. Interroger la société, se mettre à son écoute, tel est, à mon avis, le premier devoir de l’historien. Au lieu de se contenter d’utiliser les archives, il devrait tout autant les créer, contribuer à leur constitution : filmer, interroger ceux qui n’ont jamais droit à la parole, qui ne peuvent pas témoigner. L’historien a pour devoir de déposséder les appareils du monopole qu’ils se sont attribués, d’être la source unique de l’Histoire. Non satisfaits de dominer la société, ces appareils (gouvernements, partis politiques, Eglises ou syndicats) entendent en être la conscience. L’historien doit aider la société à prendre conscience de cette mystification ". Marc Ferro ~ Cinéma et Histoire

 

 

L’imaginaire collectif : la vie à l’irlandaise

 

Pour un étranger, l’Irlande est une petite île située dans l’océan atlantique, proche du Royaume-Uni, où  la couleur verte prédomine et où la bière Guinness coule à flots dans les pubs, dans lesquels un musicien sera enchanté de vous jouer un petit air de ballade irlandaise. Le trèfle, la culture celtique, le Connemara, les groupes de Rock U2 et The Cranberries, Oscar Wilde et les personnages légendaires tels que la « banshee » et le « leprechaun » sont tous des éléments quelques peu clichés certes mais qui symbolisent la nation irlandaise.

 

Pour en apprendre un peu sur cette petite nation qui possède des trésors littéraires sur sa propre histoire, il vous suffira de prendre un vol pour Dublin, Baile Àtha Cliath en Irlandais, littéralement, la ville au gué sauté, (The Town of the Hurdled Ford, en anglais), pour découvrir la capitale du Tigre celtique et en être émerveillé. Mais au-delà des apparences, se cache un peuple rural, croyant, humble et accueillant, qui a longtemps souffert des invasions diverses et de la colonisation britannique.

 

« Pour qui vit en Irlande, l’île constitue un livre ouvert ».

 

Pour prendre connaissance de l’intimité des vies individuelles et familiales, les œuvres de fiction, écrites, audiovisuelles et cinématographiques sont des voies d’accès privilégiées. C’est grâce à des auteurs tels que Roddy Doyle (1958) et John McGahern (1934-2006) que l’on aura également la possibilité de découvrir une Irlande nationaliste, rurale, anticolonialiste. Ecrivains et scénaristes témoins de leur époque et qui ont su relater l’histoire (romancée ou véritable) de leur pays. John McGahern était un instituteur qui fut renvoyé après la publication en 1965 de son deuxième livre, The Dark, description sans concession d’une Irlande rurale et étouffante. Ces œuvres permettront au lecteur averti de pouvoir explorer les relations de couple, la jeunesse dublinoise et les rapports douloureux avec les croyances religieuses.

 

Aujourd’hui, L’Irlande ne correspond plus à l’image que l’on se fait d’elle. Ses citoyens travaillent dans des secteurs de pointe, très loin des métiers de la pêche et de l’agriculture, qui n’utilisent désormais que 4,19 % de la population active (2006).

 

Le cinéma en Irlande

 

L’Irlande est un pays complexe, qui est en permanence à la recherche de son identité culturelle. Cette quête est intimement liée à l’histoire du pays. L’émigration a contribué à la perte de la langue gaélique mais à participé à l’élaboration d’une nouvelle identité, celle de l’Irlandais en exil.

 

Les Irlando-Américains continuent à cultiver leur attachement à leur pays d’origine, particularité qui se retrouve dans le cinéma américain où l’on découvre bien souvent une image idéalisée, pastorale et stéréotypée de l’Irlande, allégorie d’une sorte de paradis retrouvé.

 

Le catholicisme a lui aussi joué un rôle non négligeable dans l’élaboration de la culture irlandaise. Le cinéma national retranscrit cette diversité culturelle à travers de nombreux thèmes récurrents tels que la terre, le folklore et le conflit avec la Grande-Bretagne. Ces différents sujets sont exploités et associés afin d’en projeter les légendes et les traditions, le patriotisme et le folklore, la religion et la condition de la femme, le monde agricole et le nationalisme. La récurrence de ces thèmes participe à l’élaboration d’un archétype culturel que l’on retrouve dans une multitude de formes artistiques.

 

Aujourd’hui, le cinéma irlandais ose de nouvelles approches en renvoyant une image de l’île moderne et urbaine. Le stéréotype d’une Irlande verte et pluvieuse constitue une réalité qui paradoxalement engendre des clichés.

 

Il est bien difficile de définir un cinéma proprement irlandais, car il existe de nombreuses interactions historiques, culturelles et économiques qui brouillent quelque peu les pistes. Il n’existe quasiment pas de politique artistique gouvernementale et la production cinématographique est souvent dépendante d’investissements étrangers. La censure au nom de l’unité nationale ainsi que l’autocensure ont également empêché le développement d’un cinéma national.

 

La complexité de l’identité des films sur l’Irlande émane d’une représentation du peuple irlandais abondante en clichés, perception qui perdure dans le cinéma américain. D’où la difficulté de définir la vraie nationalité d’un film : tout dépendra du pays d’origine du réalisateur, du pays de production, du lieu de tournage, de la nationalité des acteurs ou du lieu de narration de l’histoire. Autant dire qu’il sera préférable d’évaluer la nationalité de chaque film au cas par cas.

 

« Le cinéma n’est pas qu’un simple divertissement, il est aussi le reflet de la société ».

 

C’est en analysant l’évolution du cinéma irlandais que l’on pourra observer celle de la société irlandaise. Cinéma et société sont intimement liés : les événements historiques ont non seulement influencé le développement de l’industrie cinématographique, mais ils sont aussi présents à l’écran. Le cinéma est un outil de connaissance de l’histoire si on replace les œuvres cinématographiques dans leur contexte historique, politique, économique et humain.

 

L’Irlande s’est construite par rapport à la lutte nationaliste, qui se traduit de différentes façons. La religion, la politique, le colonialisme et le socialisme sont autant de domaines qui s’entremêlent et compliquent considérablement la définition du nationalisme irlandais.

 

A la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, de nombreux organismes nationalistes participent à des mouvements en faveur de la renaissance culturelle gaélique, mouvements qui favorisent l’idée d’une nation celtique et catholique. Les films sont alors le reflet d’une atmosphère générale : les sujets ainsi abordés sont l’émigration aux Etats-Unis et la lutte nationaliste.

 

Des productions étrangères et nationales voient le jour mais la production de films en Irlande peine à se développer à cause d’incessants conflits (guerre d’indépendance, guerres civiles, etc). La violence de cette époque empêche l’essor d’une production cinématographique nationale mais devient un des sujets prédominants des films sur l’Irlande. La période du cinéma muet est une période agitée. L’instabilité politique du pays n’assure pas une continuité dans la production des films. Cependant, les succès nationaux et internationaux participent à la construction d’un cinéma irlandais au sein duquel les sujets du passé reflètent la situation contemporaine du pays.

 

La production cinématographique irlandaise

 

Le cinéma muet

 

Le cinéma fait son apparition à Dublin avec la projection de films des frères Lumière. Les premières projections ont lieu en 1897, dans un théâtre dublinois, le Rotunda et les premières images animées sont des productions françaises des frères Lumière, dont le célèbre pont de Dublin, O’Connell Bridge.

 

O'Connell Bridge

 

 

Des événements importants sont filmés, comme la visite de la reine Victoria à Dublin en 1900. Devant le succès des projections, l’association The Irish Animated Picture Company est créée en 1904 par J.T. Jameson. C’est la première compagnie cinématographique irlandaise. Les films projetés au public irlandais sont exclusivement des productions anglaises. Comme à cette époque, l’Irlande fait partie de l’Empire britannique, il semble difficile de distinguer les films irlandais des films anglais.

 

Cinéma Rotunda, Dublin

 

Le premier film tourné en Irlande est The Lad From Old Ireland, film muet de dix minutes, réalisé en 1910 par Sidney Olcott, cinéaste canadien d’origine irlandaise et produit par un maison de production américaine, la Kalem. Le film raconte l’histoire d’un jeune irlandais qui émigre et fait fortune en Amérique. A cette époque, Les Etats-Unis ont besoin d’une main d’œuvre bon marché et anglophone. Ce court-métrage diffuse le mythe du rêve américain  et souligne un des problèmes essentiels de l’Irlande du 19ème et des débuts du 20ème siècle, celui de la propriété de la terre et de la dépendance au colon anglais ainsi qu’à l’Irlandais protestant. Grâce à The Lad From Old Ireland, l’Amérique favorise la production d’un film qui met en avant l’opportunité de faire fortune pour les nouveaux immigrants.

Sidney Olcott réalisa vingt-huit films, films dans lequel on peut y voir une préférence pour le nationalisme irlandais. Sur les vingt-huit films, aujourd’hui, il n’en reste plus que sept, ce qui représente la plus grosse production jamais réalisée en Irlande. Sidney Olcott meurt en 1949 alors que le cinéma parlant fait son apparition.

 

Le parlant est musical

 

Les premiers films sonores réalisés en Irlande sont des films musicaux. La musique tient une place importante au sein de la société irlandaise, ce qui favorise la production de comédies musicales qui mettent en scène des histoires optimistes.

 

The Voice of Ireland est le premier film sonore irlandais. Sorti en 1932, il est écrit, réalisé et produit par le colonel Victor Haddick. Le film ne rencontre guère de succès car les critiques irlandais de l’époque trouvent que le film colporte une image parodique de l’île.

 

La censure et le rôle de l’Eglise

 

Peu après la création de l’Etat libre (actuelle République d’Irlande), en juin 1923, le gouvernement irlandais se dote de son propre système de censure avec le Censorship Act. Le censeur est nommé par le gouvernement et c’est James Montgomery qui assurera cette fonction en s’appuyant sur les textes des dix commandements pour exécuter son travail.

Au nom de la morale catholique, en dix sept ans de fonction, Montgomery fut interdire la projection de 1800 films. La plupart des films projetés en Irlande sont américains et le Code Hays n’existe pas encore (Cf. L’univers de Stanley Kubrick # 2, La Code Hays : censure et cinéma).

 

L’importance du catholicisme est une des raisons pour lesquelles la censure irlandaise est très sévère. Il est interdit de représenter une action non conforme aux règles catholiques et il faut éviter de maltraiter la fierté irlandaise. Mais la rigueur de la censure irlandaise n’a jamais facilité la production de films, engendrant une stagnation concernant le tournage et la production de films dans le pays.

 

A partir de 1940, le second censeur se nomme Richard Hayes et ne déroge pas à la ligne de conduite tracée par son prédécesseur. Hayes bannit tous les films où l’on mentionne l’avortement, la contraception, l’adultère ainsi que toute allusion sexuelle. La politique est un sujet difficile à aborder pour les producteurs irlandais et les thèmes tels que l’amour et la famille doivent être représentés d’une façon très édulcorée. Le risque que le film soit censuré devient trop important et effraye les éventuels investisseurs irlandais.

 

Depuis la nouvelle constitution rédigée en 1937, l’Etat irlandais institutionnalise le rôle de l’Eglise catholique dans différents domaines, de la vie quotidienne aux moyens d’expression artistique. A cet effet, le catholicisme bénéficie d’un statut spécial en Irlande. La famille est considérée comme étant la base de la société, il est conseillé aux femmes de rester au foyer et le divorce est interdit (devenu légal en 1995). L’Eglise n’a pas de rôle direct sur la censure mais exerce une influence certaine sur le censeur et les cinéastes.

 

Il est indéniable que la censure a joué un rôle dans l’absence d’une industrie du cinéma. Le sujet des films tournés en Irlande portent souvent sur le nationalisme, ce qui déplaît aux autorités anglaises. Le British Board of Film Censors s’applique également à censurer tout film où l’on représente la lutte irlandaise, sauf si cette dernière est montrée de façon très épurée et que le film n’apporte aucune critique sur les actions britanniques, une autre raison de la difficulté pour le cinéma irlandais de ne pas pouvoir se développer.

 

A SUIVRE : Le cinéma irlandais entre 1922 et 1982 

Sources :

 

Cinéma et Histoire ~ Marc Ferro ~ 1977

Irlande : Histoire, Société, Culture ~ Maurice Goldring & Clíona Ní Ríordáin ~ 2012

La question irlandaise ~ Wesley Hutchinson ~ 2001

Le cinéma irlandais ~ Stéphanie Willette ~ 2004

Le film comme archive part I : http://unefenetresurlemonde.over-blog.com/article-ar-i-35998792.html

L’univers de Stanley Kubrick # 2 ~ Le Code Hays : censure et cinéma : http://unefenetresurlemonde.over-blog.com/article-l-univers-de-stanley-kubrick-2-76296456.html

Cinémas irlandais ~ Jean-Pierre Garcia & Klaus Gerke ~ 1996

Centre Culturel Irlandais ~ Paris

 

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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 11:08

6TERZONE : GIRLZ TAKE THE DECKZ!

 

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Les « 6TERZONE » est un collectif de Dj’s 100% féminin, fondé en 2009 à l’issue des émissions éponymes sur la web radio Full Vibes.

 

Josy, Maya45, Leto, Epo et Miss Phoebe se réunissent chaque mois afin de partager leur passion et de diffuser des vibrations électroniques en tous genres pour votre plus grand plaisir.

 

« Les DJettes de 6terZone sont des passionnées du son. Originaires des scènes clubbing et free-party, les ladies n'ont qu'une idée en tête : partager leur passion pour le groove et faire bouger les dancefloors ! »

 

Retour des 6TERZONE, le dimanche 11 mars 2012. Réunies dans leur base secrète itinérante, pour de nouveau balancer des bombes musicalement électroniques sur les ondes de Radio Full Vibes.

 

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Après quelques mois d’absence, le « krew » s’est retrouvé pour former une équipe de meufs de choc ; toutes spécialistes de plaques vinyliques aussi diverses que variées : Leto, Epo, Josy et Phoebe vous ont concocté cette fois-ci une émission pour vous communiquer leur goût et leur amour de la musique « underground » tout en mixant des exclusivités venues des quatre coins du monde !

 

Reggae/Ragga/Dancehall, Acid Techno, Break Beat, Tribe/Hardtechno, Minimale, Electro-Body-Music, Techno, tous les styles ont été finement représentés afin de vous diffuser sept heures de musique non-stop.

 

En attendant la prochaine émission des « Sister’z », venez-nous retrouver sur notre page Facebook : 6terZone et sur le site de la radio http://radio.full-vibes.com

Enjoy!

 

Playlist Miss Phoebe

 

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PART ONE

Portion Reform ~ The Supreme Negative Ep ~ Closing ~ DOWNWARDS RECORDS

Justin Berkovi ~ Travels Ep ~ Someday ~ MUSIC MAN

Jeff Mills ~ Vanishing Flot Ep ~ The Lovely Assistant ~ AXIS RECORDS

Kernkraft 400 ~ Zombie Nation (Dave Clarke Remix)

Anthony Rother ~ The Greatest Switch Sampler ~ Back Home ~ NEW RECORDS

Johannes Heil ~ Berlin 2.000 Compilation ~ Ein Traum ~ BPITCHCONTROL

Vitalic ~ Poney Ep ~ You prefer cocaine – GIGOLO RECORDS

Steril ~ Shades of Grey Ep ~ Grey (vocals and lyrics by Karia) ~ GIGOLO RECORDS

Daft Punk ~ Technologic (Peaches no logic Remix) ~ DAFT LIFE RECORDS

Modeselektor ~ Happy Birthday Lp ~ The Dark Side of the Sun feat. Puppetmastaz ~ BPC

Bluedaisy Vs Tokimonsta ~ Free Dem ~ BLACK ACRE

Modeselektor ~ Hello Mom! Lp ~ Hasir ~ BPITCHCONTROL

Bluedaisy Vs Tokimonsta ~ USD ~ BLACK ACRE

Modeselektor ~ Upstairs: in loving memory ~ BPITCHCONTROL

Modeselektor ~ The Death Medley ~ BPITCHCONTROL

The RZA ~ Afro Samurai Resurrection: The Soundtrack ~ Nappy Afro ~ WU MUSIC GROUP

 

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PART TWO

Green Velvet ~ The Stalker ~ GREEN REPRESS

Number of Names ~ Shari Vari (Ectomorph Remix) ~ GIGOLO RECORDS

Green Velvet ~ Flash (Carl Craig’s Paperclip People Remix) ~ GREEN REPRESS

Bolz Bolz ~ The Greatest Switch Sampler ~ Take a Walk (Dima Neo-Romantic remix) ~ NEW RECORDS

Bobmo ~ Get ‘em Junior ~ 3000% YES

Tomas Andersson ~ Upwardly Mobile ~ BPITCHCONTROL

The Hacker ~ Breathe ~ DANCEFLOOR KILLERS

Phantasy CDR ~ Gesaffelstein Rmx ~ THE DEATH SUITE HOTEL

The Bloody Beetroots Feat. Steve Aoki ~ The Greatest Switch Sampler ~ Warp 1.9 ~ NEW RECORDS

Adam Beyer ~ Safety Session Ep ~ Maru part 1 ~ DRUMCODE

DJ One Finger ~ One Finger (Madrid inc. 2001 Remix) ~ CLOCKWORK RECORDINGS

Portion Reform ~ The Supreme Negative ~ Warning ~ DOWNWARDS RECORDS

Chris Liebing ~ Talkshow Ep ~ CLAU

Rumige # 2 featuring Takaaki Itoh ~ No title ~ INTEGRALE MUZIQUE

Major Rush ~ Still Jackin’ Da Beats ~ Shu De Woo ~ NERVEN RECORDS

Mike Dearborn ~ Birds on E. The Remixes ~ DJAX-UP-BEATS

 

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Prochaine émission : DIMANCHE 6 MAI 2012, stay connected! ;-)

 

On facebook :

Leto

Maya Sisterzone

Josy Fullvibes

Miss Phoebe

 

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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 13:14

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« La Finlande est un os de seiche, une grosse pierre concave dans le ventre sableux de laquelle les arbres poussent vite comme des moisissures sous la lumière interminable du Nord. Rongée par les glaces et émiettée en milliers de petites îles, c’est l’aspect qu’elle donne sur une carte de géographie, près de la pulpeuse Russie et de l’osseuse et robuste Scandinavie. La Finlande est un reste de quelque chose : une fois enlevés les Slaves, les Scandinaves, les orthodoxes, les catholiques, le sel et la mer, les bouleaux des forêts, une fois grattées quelques centaines de milliers de tonne de granit, ce qui reste, c’est ça, la Finlande ». Diego Marani, « Nouvelle grammaire finnoise »

 

L’image de cet auteur nous fait aisément imaginer sa propre vision d’un pays que je viens de découvrir récemment. « Rongée par les glaces et émiettée en milliers de petites îles » est une des caractéristiques du pays des glaces, où l’omniprésence de la neige en hiver, nous cache en définitive l’omniprésence de la mer et de l’océan.

 

La Finlande est un pays nordique ne faisant pas partie de ce que l’on appelle la Scandinavie, généralement composée de la Suède, de la Norvège, du Danemark, de l’Islande et des îles Féoré. Peuplée autrefois par les Sames, tribus autochtones de nomades éleveurs de rennes, regroupés aujourd’hui en Laponie, la Finlande fut, tout d’abord, envahie par les Vikings au 9ème siècle, puis à partir du 12ème siècle, les Suédois se heurtent aux Russes. En 1581, La Finlande devient Grand-Duché du royaume de Suède. En 1807, Alexandre 1er de Russie lance une offensive militaire et annexe la Finlande à sa couronne. Le pays fut rattaché à la Russie jusqu’en 1917, date le l’indépendance de la Finlande et entra dans l’Union Européenne en 1995.

 

D’une superficie de 338 145 km² et d’une démographie s’élevant à un peu plus de 5,4 millions d’habitants, la République de Finlande (Suomen tasavalta en Finnois, Republiken Finland en Suédois) est l’un des premiers pays européens à avoir accordé le droit de vote aux femmes ainsi que leur éligibilité au sein du gouvernement.

 

On nous parle souvent de l’Union Européenne mais ce concept ne devient réaliste et palpable, seulement lorsque l’on décide d’entreprendre un voyage pour en faire le tour. Après mes deux derniers séjours en Irlande, je décidais de visiter la capitale finlandaise, Helsinki.

 

Entre partir à la découverte de la Laponie, milieu sauvage et naturel par excellence, à traineau de chiens, ou  traverser la principale ville de long en large, mon choix se porta sur la découverte de la capitale finlandaise, tout en sachant que je ne manquerais pas une autre occasion d’aller à la découverte de la ville du Père Noël qui serait, selon les Finlandais, Rovaniemi (capitale de la Laponie, située au Nord du pays, à 10 km du cercle polaire), car il est un fait avéré, les Nordiques se disputent la résidence du célèbre barbu qui offre des cadeaux aux petits enfants qui sont été sages !

 

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La Finlande bénéficie d’un climat subarctique en Laponie, au Nord, région proche du cercle polaire, méridional et nordique dans la majeure partie du pays. Le climat est rude en hiver, les températures peuvent atteindre les - 25°C au nord du pays et sont douces en été (20°C en moyenne).

 

Les langues officielles sont le Finnois (Suomi) et le Suédois, bien que l’on trouve, certainement dû au fait de l’activité touristique, de nombreuses inscriptions en Russe.

 

En Finnois, Finlande se dit « Suomi » et les habitants, les Finlandais, « Suomalainen ».

Le Finnois est une langue agglutinante appartenant à la famille linguiste finno-ougrienne, tel que l’Estonien, le Same (Laponie), le Hongrois et le Basque. Le Finnois apparaît tout d’abord être une langue incompréhensible pour tout néophyte qui se respecte mais avec un peu d’entraînement, en tendant attentivement l’oreille et en usant d’un esprit logique, il est assez facile d’en comprendre les bases. Ainsi, des mots tels que « avoinna » qui signifie « ouvert » ou « ravintola » qui signifie « restaurant » sont devenus des mots courants durant mon séjour.

 

Néanmoins, si vous ne parlez ni le finnois ni le suédois, les Finlandais sont anglophones et semblent être un peuple peu stressé et avenant. En effet, s’il vous arrive de vous perdre dans les nombreuses rues helsinkiennes, il vous sera facile de demander votre chemin si vous parlez anglais, les Finlandais ne refusent généralement pas de vous aider.

 

Arrivée dans la capitale finlandaise en début de soirée, à la recherche de mon hôtel, je découvris une ville enneigée, dont le centre ville (keskusta ou centrum) m’apparut très riche et très urbanisé, avec une architecture dont les influences russes ont dans un premier temps retenu mon attention.

 

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L’exotisme ne connote pas forcément les îles paradisiaques de la mer des Caraïbes et j’avoue avoir été complètement dépaysée par la vue d’une ville sous la neige entourée d’eau qu’on ne voyait pratiquement pas !

Bien souvent, ce sont les petits détails simples qui retiennent notre attention et pour ma part, j’ai été à la fois impressionnée presque excitée par l’omniprésence de la mer. Mer gelée et paysages couverts par la neige, semblent nous envelopper de leur manteau blanc et la nature en hibernation nous rappelle qu’elle est bel et bien présente, vivante, mais endormie. Et cette mer que l’on devine grâce à la multitude de bateaux à quai, pris dans la glace et se présentant comme étant en hivernation, attendant patiemment la belle saison. Et puis, les nombreux petits ponts que l’on peut traverser tout en se doutant qu’au-dessous, l’eau coule à flot sous une épaisse couche de glace !

 

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Helsinki keskusta : le centre ville d’Helsinki

 

Helsinki en suomi, Helsingfors en suédois, est une ville qui fut fondée par Gustave Vasa, roi de Suède. Située dans la région d’Uusimaa (au sud du pays), la ville se caractérise par la forte présence de l’eau, qui couvre 70% du territoire. Très peu marquée par le relief, elle s’étend sur une presqu’île entourée de nombreuses petites îles telles que Mustikkamaa (à l’est), Suomenlinna (au sud-est), Lauttasaari et Lehtisaari (à l’ouest)…

 

Les habitants (584 420 hbts intra-muros) s’appellent les Helsinkiens et les Helsinkiennes, « Helsinliläiset » en finnois. Bien qu’aux premiers abords cela ne se remarque pas, Helsinki reste une capitale résolument cosmopolite où un peu plus de cent trente nationalités se côtoient au quotidien. En argot, on appelle Helsinki, « Stadi » (stad signifiant ville en suédois) ou « Hesa » en finnois.

 

Découvrant la gare centrale Rautatieasema, située place Rautatientori, je me dirigeai vers la presqu’île venteuse de Katajanokka, littéralement « Presqu’île du Genévrier ». Cette dernière est considérée comme le laboratoire de l’Art nouveau. Décidant de découvrir quelques rues adjacentes sous un ciel nocturne, je longeais la grande avenue faisant face à Pohjoissatama, Pohjoisranta, à la recherche d’un restaurant servant des spécialités finlandaises, subjuguée par l’étendue de mer gelée et par le froid qui me mordait de temps à autre le visage.

 

 

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Finalement, je dénichais par surprise un restaurant allemand où je dégustais un délicieux morceau de viande de porc, accompagné d’une onctueuse sauce à bière et à la pomme, le tout servi avec une bière blonde légère et douce. Après avoir fait quelques photos dans le petit parc Tervasaari, je décidais, tout en longeant Tervasaarenkannas, de rentrer à l’hôtel où le lendemain m’attendait une séance de sauna qui me promettait détente et sérénité.

 

D’est en Ouest : à la recherche des disquaires finlandais

 

Voyager à l’étranger constitue pour moi l’opportunité de m’établir une liste de disquaires à fréquenter, ma passion de DJ me poussant parfois hors des frontières, je ne manque jamais l’occasion de me mettre en quête de la perle rare d’ordre vinylique.

 

Quittant la presqu’île Katajanokka dès le matin, je me dirigeai vers le quartier de Kaartinkaupunki, décidai de longer Laivasillankatu (« katu » signifie rue) et sillonnai des petites rues jusqu’à tomber sur un premier disquaire très éclectique, rue Laivurinrinne, dans le quartier Punavuori. Mais c’est chez un disquaire d’Iso Roobertinkatu que je trouvais une partie de mon bonheur.

 

Prenant des photos au gré de mes envies, je pris le tramway pour rejoindre la place du marché central Kauppatori, à l’angle de Pohjoisesplanadi et Katajanokanlaituri. Après un bref regard sur les différents étalages du marché, je m’arrêtais pour déguster une excellente friture de poissons petits frais accompagné de pommes de terre sautées.

 

Du Nord au Sud : découverte de la ville

 

Tout en remontant l’avenue Pohjoisranta, je longeais la rive pour découvrir quelques personnes pratiquant la pêche blanche. Suivant mon instinct, je lâchais mon plan pour suivre Pitkänsillanranta pour découvrir le lac gelé de Kaisaniemenlahti. Remarquant un homme traversant le lac à pied et avec assurance, je décidais de le suivre. C’était la première fois que je traversais un point d’eau gelée et j’avoue avec été empreinte d’une certaine appréhension : « marcher sur l’eau n’est pas chose courante ! ».

 

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Avec empressement, je rejoignis Kaisaniemenranta et longeais le chemin de la voie ferrée avant de découvrir la deuxième partie du lac (Eläintarhanlahti), proche du quartier de Kallio, où je découvris un groupe de canards sauvages prenant un bain de soleil.

 

Les îles Lauttasaari et Lehtisaari : la nature dans la ville

 

En consultant mon plan, je remarquais deux petites îles situées à l’ouest d’Helsinki : Lauttasaari et Lehtisaari, deux petites îles que l’on atteindre à pied.

 

Je décidais de les visiter tout en continuant à découvrir une ville portuaire et fortement industrialisée. Suivant la rive que l’on pouvait soupçonner, je traversais les différents quartiers d’Ullanlinna, de Länsisatama et de Ruoholahti pour atteindre la rue principale de la deuxième île, Lauttasaarentie.

 

A gré de ma promenade, je découvris une île cité-dortoir ornée de bâtiments modernes, puis, c’est en progressant lentement que je découvris une magnifique aire de balade, silencieuse, calme, apaisante et enneigée…

 

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Après avoir pris quelques clichés, je repris ma route vers Lehtisaari qui s’avérait être une île beaucoup plus petite que la précédente, sans attrait particulier. Après avoir suivi la direction du nord, je retrouvais la rue Kuuisaarentie menant au Musée Urho Kekkonen de Tamminiemi pour redescendre vers le sud. Cette journée fut excellente car cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait une aussi longue promenade (environ 30 km à pied), promenade longue et endurante car il n’est pas aussi aisé de marcher sur la neige ; c’est un peu comme si on marchait sur du sable.

 

Shopping sous la neige

 

Après avoir pris mes points de repères, je décidais de faire du shopping le dernier jour. Mais je n’avais pas prévu la fabuleuse tempête de neige qui s’acharnait sur la ville ce jour là ! Un vrai périple pour qui n’est pas habitué à se balader sous des conditions climatiques redoutables ! Dans ces cas, les magasins restent des sources de chaleur non négligeables. 

Je me dirigeai en toute hâte chez un disquaire situé dans le quartier Sörnäinen où je dénichais un vinyle des Sugarcubes à un prix imbattable !

 

Pour le reste, je me pressais au marché couvert de la place Kauppatori, afin d’acheter des spécialités finlandaises : petits gâteaux et friandises en tout genre, saumon fumé et mariné, et de la viande renne.

 

Après avoir rejoint l'aéroport Vantaan Lentoasema, je dénichais l'idôle nationale des enfants finlandais : Muumi (plus connu en français sous le nom de Moumine), petit troll dont l'aspect se situe entre une vache et une hippopotame, créature créée par la finlandaise suédophone Tova Jansson...

 

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Helsinki reste une ville nordique et mystérieuse où il possible d’avoir une qualité de vie assez confortable mais qui reste onéreuse et le climat reste assez difficile à supporter, du moins en hiver, ce qui vaudrait le coup de la visiter en été !

 

Et c'est à 12 192 mètres d'altitude que je pus observer un phénomène assez étonnant : le jour apparaissait sous mes yeux tandis que la nuit faisait son bonhomme de chemin dans mon dos !

 

Voir également album photos : http://unefenetresurlemonde.over-blog.com/album-2030750.html

 

 

Par Phoebe - Publié dans : Voyages - Communauté : Artistes Resistants Terribles
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 14:00

La cérémonie du thé est un événement très important, faisant partie intégrante du Japon traditionnel et moderne. C’est à partir du 12ème siècle, que les Japonais pratiquent le « chadô », littéralement la Voie du thé, qui est fortement ancrée dans les us et coutumes nippones. On lui accordait, et on lui accorde toujours, une très grande importance. Le « chanoyu », l’art de servir le thé est un art martial tel que l’ikebana, la calligraphie, le judo, le kendo, etc.

Les histoires de kodan, histoires relatant une partie de la tradition martiale japonaise, mettent en avant l’art de la cérémonie du thé qui est souvent comparée à l’art du sabre. Ainsi, dans "Le Maître du thé et le samouraï" et "Le Maître du thé et le rônin", le chanoyu constituait un art de vivre prépondérant dans la culture et dans l’imaginaire médiéval et démontrait que le thé avait et garde toujours une place notable au sein de la société nippone.

Il existe au Japon plusieurs écoles de cérémonie du thé et les disciples apprennent cet art traditionnel pour devenir un jour maître du thé.

Dans l’histoire du "Maître du thé et du samouraï", le récit met en évidence l’importance de la concentration et de l’attention. En effet, la cérémonie du thé est un rituel qui incite au calme et à la méditation et doit être accompli d’une manière polie, gracieuse et charmante, accompagnée de gestes et mouvements précis, sobres et codifiés.

L’histoire du "Maître du thé et du rônin" illustre bien l’essence de la pratique, l’importance du zen et de l’esprit de plénitude que doit procurer la cérémonie du thé.

Selon un ordre et des codes rigoureux, c’est au cours du « chakai » (rencontre autour du thé), que le maître du thé procèdera à la purification du service à thé à l’aide d’un linge de soie, qu’il prendra soin de plier d’une certaine manière avant de le ranger soigneusement dans son « obi » (ceinture).

En 1588, l’Edit de séparation est promulgué et un décret est diffusé interdisant le port d’armes à la paysannerie. Ce qui eut pour conséquence la création de la caste des guerriers, les samouraïs. Tout bushi digne de porter le « daishô » (katana et wakizashi) était tenu d’apprendre et de pratiquer l’art de la cérémonie du thé.

A l’époque médiévale, les maisons des samouraïs était composées d’une pièce principale décorée d’une façon très minimaliste : cela pouvait être un parchemin, un tableau ou une poterie. Cette pièce devait favoriser la contemplation et servait à accueillir les convives lors du « chanoyu ».

Le jardin du samouraï était un lieu de repos, apportant la contemplation ainsi que la méditation. Il était également considéré comme une œuvre d’art dont les éléments principaux étaient la subtilité, la simplicité, la transcendance et la quiétude, éléments associés pour créer une beauté élégante et cachée accompagnée d’une sobriété simple.

Les samouraïs étaient des mécènes, qui, lorsqu’ils n’étaient pas au combat, pratiquaient l’ikebana, la peinture, la calligraphie, la poésie et s’exerçaient au « chadô » car à cette époque, ces pratiques étaient considérées comme des arts martiaux qui exerçaient l’œil, la main, l’esprit et le sens esthétique.

« L’éducation était vitale pour un samouraï parce que l’établissement d’un réseau social était un facteur important pour être un chef militaire efficace et l’interaction entre les samouraïs renforçait davantage leurs liens étroits ».

La cérémonie du thé était un loisir très apprécié des samouraïs qui se devaient d’en connaître les rituels élaborés car elle correspondait au mariage parfait des coutumes sociales et esthétiques. Les codes très complexes qui nécessitaient un enseignement, étaient exécutés par le maître du thé. Manipulant ses ustensiles avec dextérité comme un maître du kendo pourrait manier ses sabres avec une grande aisance, le maître du thé recherche à travers cette cérémonie à atteindre une perfection dans l’exécution du geste (rappelant l’exécution des katas) et qui confère à ce rituel si particulier "l’expression vitale de la conception esthétique du samouraï".

L’histoire du thé

Le thé est une boisson connue et consommée dans le monde entier, mais le Japon constitue une exception qui traduit une extraordinaire richesse culturelle sur le thé. La société japonaise a été fortement influencée par la manière dont on prépare le thé qui a profondément contribué au développement culturel et à la discipline de la civilisation nippone.

« Matcha » est la poudre de thé vert que l’on mélange avec de l’eau chaude. La consommation et la préparation du « matcha » fut transmise par un moine Zen après avoir effectué un voyage en Chine, au 12ème siècle.

Dans un temple zen, le thé est considéré comme étant un symbole religieux mais également comme un stimulant pour l’étude et la méditation, tel un breuvage possédant des propriétés curatives.

La cérémonie du thé se répand à travers la noblesse japonaise qui utilise des objets d’art pour le service du thé, qu’elle considère tels des divertissements qui apportent de la gaité au loisir.

Les deux formes de cérémonie du thé (religieuse et profane) se développent sous la forme d’une réunion, où il y a peu de participants et au sein de laquelle l’esprit philosophique et esthétique est mis en avant.

Des pavillons du thé sont construits au fur et à mesure que la coutume se généralise.

La base philosophique de la cérémonie du thé est le bouddhisme zen dont le concept le plus important se situe dans la découverte et l’appréciation de l’instant présent ainsi que la quête de la beauté sublime qui se cache dans l’apparence modeste et imparfaite.

Au 16ème siècle, Sen Rikyu (1522-1591) créa le style « soan » (style de cérémonie du thé pratiquée dans une hutte isolée). La préparation et l’offrande du thé sont basées sur un idéal de la pratique religieuse du Zen qui se transforment en un art martial appelé « chadô », la Voie du thé. Sen Rikyu attribue quatre attitudes fondamentales à l’esprit du « chadô » : Wa, Kei, Sei  et Jaku.

« Wa » correspond à l’harmonie de la relation humaine, harmonie avec la saison, harmonie des ustensiles et harmonie de la pratique.

« Kei » signifie le respect qui naît dans les sentiments de chacun ainsi que de la gratitude envers toutes les existences.

« Sei » correspond à la pureté, l’honnêteté du cœur.

« Jaku » signifie la tranquillité, la paix du cœur en esprit.

L’enseignement du « chadô » consiste à transmettre chacune de ces qualités afin de se cultiver et de s’élever soi-même.

Aujourd’hui, le « chadô » continue à offrir une occasion inoubliable d’apprécier et de rendre grâce à la vertu du thé. Il permet de développer l’accomplissement de soi et l’enrichissement culturel comme autrefois.

Démonstration et dégustation

La cérémonie est un excellent moyen de découvrir les us et coutumes japonais. Il est possible d’en voir une courte démonstration à la Maison de la Culture du Japon à Paris.

Le pavillon du thé

C’est une pièce spacieuse et lumineuse, sombrement décorée : il y a un élément de calligraphie ainsi qu’un arrangement floral. Au centre, se situe le foyer où l’on pose une grande jarre d’eau chaude. Le sol est tapissé de tatamis et il est d’usage de se déchausser (ou de porter des tabis) pour pouvoir y accéder.

La cérémonie : dégustation du « matcha »

C’est une cérémonie traditionnelle et très codifiée où l’invité, muni d’un éventail (symbole de prospérité) qui lui permettra de marquer sa place au sein de la cérémonie, se doit de méditer et de contempler les différents éléments de la pièce y compris les ustensiles qui composent le service à thé, objets considérés comme des objets d’art. D’ailleurs, l’invité peut demander à son hôte d’admirer les différents ustensiles tels que la cuillère de bambou pour servir la poudre de thé (souvent sculptée par le maître du thé ou un moine zen) ou les différentes céramiques et poteries, témoins des différents artisanats régionaux.

Au Japon, la cérémonie du thé dure environ quatre heures et se décompose en plusieurs petites séances, témoins de la théâtralité de la vie et des coutumes nippones.

Au cours de la première séance, la cérémonie débute par une petite collation composée de spécialités japonaises (pas de sushi, ni de yakotori). Puis, vient un temps de pause où les convives sont invités à prendre l’air dans le jardin attenant au pavillon du thé.

Dans un deuxième temps, les invités sont alors conviés à reprendre leur place afin de déguster le thé fort. Avant la dégustation, l’hôte aura pris soin de servir des petits biscuits, qu’il conviendra de manger avant de boire le « matcha » et de conserver en bouche le goût sucré, car le « matcha » se sert sans sucre et sans lait. Le goût du thé vert en poudre est légèrement amer et sa consistance onctueuse est un vrai délice au palais.

Servit dans une céramique artisanale, l’invité aura le loisir de complimenter son hôte sur la calligraphie décorant le mur de la pièce, l’arrangement floral, le service à thé souvent issu d’un artisanat traditionnel.

Au Japon, la cérémonie du thé est également propice à la méditation et à la plénitude et pour y être convié, il est obligatoire d‘en connaître les différents codes de bienséance, sans cela, il vous sera impossible d’y assister. Devant le succès grandissant de cette cérémonie, plusieurs maisons de thé ouvrent leurs portes aux personnes désireuses de connaître cet art du raffinement.

La troisième partie de la cérémonie constitue un entre-acte au cours duquel les invités vont se dégourdir les jambes (les Japonais ont pour habitude de s’asseoir d’une manière très particulière) dans le jardin.

De retour dans la pièce du thé, les invités auront l’honneur de déguster le thé doux, toujours accompagné de biscuits.

Grâce à tous ces éléments, la cérémonie du thé peut être considérée comme une pièce de théâtre de la vie. Une pièce de théâtre extrêmement codifiée où tous les participants jouent le jeu de cette théâtralité où il est important de savoir méditer, contempler afin de pouvoir apprécier les choses à leur juste valeur.

Sources :

Maison de la Culture du Japon à Paris

Le Maître du thé et le rônin in Histoires de samouraïs part V

Le Maître du thé et le samouraï in Histoires de samouraïs part V

La cérémonie du thé (Chanoyu)

Histoires de Kodan in Histoires de samouraïs part II

 

Par Phoebe - Publié dans : Essais & Pensées
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 13:03

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En 1985, Stuart Gordon, jeune cinéaste encore inconnu, révolutionne le genre avec Re-Animator, un film gore et sarcastique, teinté d’absurdité, associé au suspense, au sexe et à l’humour.

 

RE-ANIMATOR

 

Réalisation : Stuart Gordon

Scénario : d’après l’œuvre d’H.P. Lovecraft

Genre : Horreur

Pays : USA

Année : 1985

Synopsis : Dans un hôpital du Massachussets, un étudiant invente un sérum à ressusciter les morts…

 

Herbert West, jeune étudiant ambitieux, est un personnage tout droit sorti de l’imagination brumeuse d’H.P. Lovecraft, croit détenir les secrets de la vie éternelle et s’applique à prouver ses théories dans un idéalisme mégalomaniaque comparable à celui du célèbre docteur Frankenstein.

 

Avec Re-Animator, Stuart Gordon se permet tout et le revendique à juste titre et ose les pires extravagances en adaptant une nouvelle de Lovecraft. Il met en scène un savant fou qui vole des cadavres et les ramène à la vie grâce à un sérum dont il a le secret. Hélas, l’expérience tourne mal et le scientifique crée des zombies affamés, lubriques et violents.

 

Stuart Gordon n’hésite pas à donner dans le burlesque en filmant d’une manière grotesque les membres arrachés et coupés en morceaux.

 

« Le sérum libère les zombies de toute entrave morale, sociale et physiologique […] devient une mise en abyme du gore qui permet au cinéaste de modeler les corps à sa guise et de briser les derniers tabous ».

 

Parodie, pastiche et gore

 

Le Gore est un sous-genre qui attire un bon nombre de jeunes réalisateurs qui y voient l’occasion de créer en toute liberté et à un moindre coût. Tout comme les pionniers des années 60, ces novices ne se prennent pas au sérieux et compensent le peu de moyens financiers par des astuces et autres systèmes D. Souhaitant séduire le public, ils n’hésitent pas à pousser l’horreur jusqu’à l’outrance qui la fait basculer dans un gore parodique chargé d’humour volontairement graveleux et à prendre au dernier degré (Cf. Braindead, Shaun of the  Dead).

 

Le Gore a donc la faculté de mélanger humour noir et de traiter les indicibles carnages sur un mode si extrême que le film en devient absurde, une façon de traiter la violence sur un mode loufoque. Les réalisateurs jonglent avec les codes et les clichés et n’hésitent pas à jouer la carte de l’horreur visuelle : corps hurlants, mutilés, charcutés et déchiquetés au gré des effets spéciaux, parfois d’un goût douteux. Jouant également la carte du réalisme ou voulant se rapprocher du style reportage, les cinéastes usent et parfois abusent des caméras à l’épaule et autres gros plans, techniques cinématographiques usuellement utilisées dans les productions gores.

 

L’hémoglobine ainsi déversée par quantité gargantuesque détermine une étonnante danse macabre qui aurait des allures de « théâtre du burlesque » provoquant une multitude de crises de rire plutôt qu’une multitude de crises de nerf !

 

Le paradoxe engendré par les films gores est assez flagrant : dans sa volonté à vouloir diffuser des images d’un écœurant réalisme, le genre s’éloigne de la réalité et provoque d’une façon chronique une distanciation évidente ainsi que diverses situations tragi-comiques.

 

BRAINDEAD

 

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Réalisation : Peter Jackson

Scénario : Stephen Sinclair, Frances Walsh & Peter Jackson

Genre : parodie horrifique/gore

Pays : Nouvelle Zélande

Année : 1992

 

Synopsis : Lionel est un jeune homme célibataire et timide qui vit avec sa mère tyrannique. Au cours d’une visite au zoo de la ville, cette dernière se fait mordre par un singe-rat provenant de l’île de Sumatra. D’après la légende, quiconque se fait mordre, deviendra un zombie…

 

Le rire et la peur

 

Le rire et la peur sont deux émotions instinctives, simples, viscérales et fondamentales. Elles représentent un réflexe de libération qui peut s’avérer être un puissant élément de subversion. La peur comme le rire se déclenche au terme d’un mécanisme qui permet de résoudre une situation insupportable.

 

C’est dans l’art primitif et naïf (arts plastiques et picturaux) qu’il sera possible de reconnaître le jeu d’alternance et de simultanéité du rire et de la peur. Dans l’histoire de la représentation, c’est au sein du théâtre antique que l’on pourra en faire la distinction initiale, en se penchant sur les nombreuses comédies et tragédies produites à cette époque.

 

Ces émotions primitives s’expriment également à travers les contes de fées et les masques carnavalesques où se mêlent fantaisies, cruauté, terreur et burlesque. Par exemple, le théâtre Grand-Guignol donnait des représentations naïves teintées de comique et d’épouvante.

 

Dans la mesure où la même situation peut engendrer soit le rire soit la peur ; ces deux émotions sont deux manières différentes d’échapper à la contrainte, deux formes de détente succédant à une oppression. La distinction entre les deux est faite à partir du moment où l’on choisit soit la participation soit la distanciation.

 

"A l’inverse de la peur, le rire résulte du spectacle d’une situation contraignante dans laquelle nous ne nous projetons pas. Ce qui fait ressortir les composantes sadiques du rire et donc masochistes de la peur démontrant l’opposition de ces deux émotions".

 

Le comique et le fantastique sont deux notions qui reposent sur la rupture d’un ordre établit qui prend la forme d’un événement plus ou moins grave qui devient symbolique, le danger à éviter ou la fuite devant un hypothétique envahisseur cannibale et carnassier, puis devient anecdotique voire cosmique.

 

Cette graduation correspond à la gamme des sentiments éprouvés par le spectateur. La situation de contrainte extrême est la catastrophe. L’élément catastrophique de la narration est traité d’une façon différente par le spectateur selon le genre cinématographique utilisé, la résultante sera soit le rire, dans le contexte d’un film d’animation par exemple, soit la peur mettant en évidence une échelle croissante d’émotions telles que l’inquiétude, l’anxiété, l’angoisse, l’effroi, la terreur et l’épouvante.

 

ANALYSE FILMIQUE : SHAUN OF THE DEAD

 

 

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Réalisation : Edgar Wright

Scénario : Simon Pegg & Edgar Wright

Genre : Horreur/Gore/Parodie

Pays : GB

Année : 2004

 

Synopsis : Shaun, jeune vendeur dans un magasin d’électroménager, se fait larguer par sa petite amie. Après avoir noyé son chagrin à coup de verres de bière, il se réveille cerné par des zombies hagards et affamés…

 

Du pastiche à la parodie

 

La surexploitation des mythes au cinéma a certainement contribué à la perte de leur signification, ce qui a entraîné une dégradation mythologique du fantastique. Cette perte du signifiant s’accompagne d’une radicale dissociation du rire et de la peur, au profit du rire ou de l’horreur gratuite. Le rire du grotesque parodique se sépare du rire du fantastique.

 

« L’horreur suprême ne déguise-t-elle pas en farce ? La cruauté n’est-elle pas plus abominable quand elle se double d’un hypocrite sourire ? »

 

Le fantastique cesse d’exister lorsque le rire n’en constitue plus un élément essentiel, mais simplement un effet recherché.

 

Par exemple, Le Bal des Vampires (Roman Polanski, 1967, USA/GB) est un pastiche des films de vampires qui conserve un récit original et témoigne « d’une familiarité sensible avec la mythologie sur laquelle il fonde son propos ». Dans le cas de ce film, la dimension parodique est plus sujet à réflexion qu’à dérision.

 

Il existe une nette différence entre la parodie basse, qui se contente de se moquer d’un mythe quelconque tout en utilisant un thème donné à des fins non fantastiques, et la satire (fantastique ou sociale) qui conserve le mythe tout en utilisant une attitude parodique.

 

Il est évident que « Shaun of the Dead » soit indéniablement un hommage au film de George Romero, « Dawn of the Dead ». A l’instar de la série des films des frères Wayans, « Scary Movie », qui s’avèrent être des parodies basses qui se contentent de se moquer ouvertement de la société américaine à travers ses productions horrifiques pour teenagers en mal de frisson. A contrario, le film d’Edgar Wright suggère une parodie conservant le mythe du zombie sans cervelle et cannibale, dans un contexte de comédie loufoque et déjantée où la peur ne survient… que très rarement !

 

Ce récit original nous conte l’histoire d’un jeune vendeur qui vit à côté de la plaque et qui se retrouve à devoir sauver sa peau ainsi que celle de ses amis, d’une horde de zombies lobotomisés et affamés.

 

Le film ne renouvelle pas le genre mais ne détruit pas le mythe et apparaît comme une satire du monde moderne. La dynamique du récit est basée sur un judicieux montage « cut » (coupure de plan sans effet spécial) et rapide qui donne une ambiance « speedée » au film. Cette dynamique vient contrebalancer le personnage de Shaun, personnage proche du commun des mortels, figure de l’anti héros par excellence, complètement dépassé par les événements mais qui se démène tant bien que mal pour se sortir de cette situation désespérée.

 

Les situations dramatiques du film s’enchaînent à un rythme effréné où le réalisateur a su allier avec brio suspense, rire, horreur, culture virtuelle et bande son.

L’introduction du facteur fantastique, élément perturbateur, mais qui passe inaperçu dans un premier temps, est transmis par le biais de la voix off (Radio, TV) : « Une sonde spatiale est entrée dans l’atmosphère terrestre et se retrouve au-dessus du Royaume-Uni ».

 

« Shaun of the Dead » est un film qui se compose de deux récits qui se déroule parallèlement : le premier récit situe le personnage de Shaun, trentenaire ayant des allures de bureaucrate endimanché, confronté aux affres de la vie, pris entre la colère de sa petite amie qui réclame plus d’attention et un meilleur ami squatteur, feignant et adolescent attardé passant son temps devant les jeux vidéos.

Le deuxième récit prend le pas sur le récit premier dès lors que la ville est envahie par les zombies. La lutte contre ces morts-vivants démarre alors comme une course contre la montre (et contre la mort) mais les choses ne prennent pas la tournure qu’aurait voulu Shaun, qui, malgré la situation catastrophique, semble vivre dans un monde « où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et où il suffirait d’énoncer une solution qui tienne à peu près la route pour que tout redevienne dans l’ordre.

 

Une vie de merde dans un monde totalement lobotomisé

 

Le film de zombies défini au sein des productions du genre renvoie à une symbolique bien spécifique qui est celle de l’aliénation, où l’individualisme est à proscrire.

 

« Shaun of the Dead », malgré ses aspects humoristiques et parodiques, semble bien dénoncer un conformisme latent où la pensée unique pourrait s’avérer insidieuse et où la violence serait reine sous couvert des médias qui s’en donnent à cœur joie.

 

Dans ce monde chaotique et apocalyptique, le film propose des situations qui sont à la base, d’une gravité sans précédent, mais les situations grotesques et les réactions illogiques des personnages constituent un excellent contrepoint narratif et visuel et sont propice, non pas à la crise de nerfs mais plutôt à la crise de rire.

 

Le thème de la violence est ainsi traité sur le mode de l’humour et du burlesque, tout en utilisant les bonnes vieilles ficelles du film d’horreur (montage, bande son, mouvements de caméra, jeu champ/hors champ, champ/contre champ).

Le film apparaît également telle une critique ironique et sarcastique d’une société déjà lobotomisée où la réalité virtuelle prend le pas sur la vraie vie. « Shaun of the Dead » peut être un film vécu tel un jeu vidéo où les protagonistes doivent combattre d’affreux monstres anthropophages ; une sorte de mise en abyme (le film dans le jeu et le jeu dans le film), confère les séquences où les personnages sont face aux zombies et les tuent comme s’ils se retrouvaient dans un jeu virtuel. Le clin d’œil est facile à déceler : Resident Evil.

 

Cela serait également un sacrilège de ne pas parler de la bande sonore qui est complètement en phase avec les actions des différents personnages ainsi que la musique qui devient un élément d’effet spécial (underscoring) et intradiégétique. Le réalisateur lance aussi un petit clin d’œil à la musique électronique en balançant le « Zombie Nation » des Kernkraft 400, titre d’Electroclash (2000).

 

« Shaun of the Dead » reste un bon film de série B où les situations rocambolesques s’enchaînent à un rythme effréné et où le rire est de la partie. Une parodie légère sur fond d’histoire d’amour ratée et un combat toujours plus sanglant contre l’ordre établi, le conformisme abrutissant et l’aliénation des personnes…

 

Sources :

Le gore : une esthétique du sang

Le cinéma fantastique et ses mythologies

 

Par Phoebe - Publié dans : Chroniques cinématographiques - Communauté : Artistes Resistants Terribles
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