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Le blog de Phoebe

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Une autre manière de traiter, de décrypter et de comprendre ce que l’on nous donne à voir, à écouter, à lire…


Ed Wood : un génie incompris

Publié par Phoebe sur 13 Novembre 2009, 23:00pm

Catégories : #Chroniques cinématographiques

EW-09.jpgL’œuvre d’Edward D. Wood Jr. (1921~1978)


Sans doute le seul réalisateur devenu célèbre grâce à la médiocrité de ses oeuvres.

Ne dit-on pas en effet que Plan Nine From Outer Space représente un des plus mauvais films jamais réalisé ?

Edward D. Wood Jr. (dit Ed Wood), démarre sa carrière comme assistant réalisateur, puis il signe, écrit, et produit parfois, ses propres films qui se reconnaissent aisément par leur incroyable scénario, la présence d'un Bela Lugosi vieillissant et une petite équipe d'acteurs restés fidèles.

 

Ed Wood adore les classiques de l'âge d'or américain et cela se sent.

Il rêve même de les reproduire vingt ans plus tard, ou plutôt vingt ans trop tard, et ce avec des budgets on ne peut plus ridicules.

 

C'est avec Bride of the Monster (1956) qu'il engage les hostilités, faisant de Bela Lugosi, un savant créateur de surhommes, ceci à l'aide d'un rayon atomique, qui tue invariablement les cobayes au lieu de les faire évoluer.

Bref, ça ne marche pas très bien, puisqu'à part une sorte de pieuvre géante vivant dans un bassin, et un colosse plutôt moche, il n'a pas créé grand chose. Le rayon retourné contre lui va le transformer en un monstre surpuissant et il tombera finalement victime de la pieuvre, pourtant bien inoffensive, immobile qu'elle est et ne levant un tentacule que lorsqu'un assistant hors-champ, et parfois l'acteur dans le plan, veut bien tirer sur une ficelle.

De l'aveu général, l'animal ressemblerait davantage à un vieil imperméable fripé qu'à un poulpe effrayant.

 

Sur ce film, Wood connaît les plus grandes difficultés, s'arrête de tourner lorsque l'argent manque et se voit contraint d'engager le fils d'un des producteurs pour en faire son héros.

Mais les complications ne s'arrêtent pas là puisqu'il entreprend la même année son film phare, son oriflamme filmique, son oeuvre culte, Plan Nine From Outer Space (cf. fiche film).

Malgré le fiasco de ce film, Ed Wood persévère et compte bien continuer à faire des films !

 

Sa prochaine intrusion, toute aussi irréelle, verra le jour en 1959, avec Night of the Ghouls où il tente d’entretenir un climat effrayant en utilisant les tours et trucages rappelant ceux du cinémagicien, Georges Méliès : des squelettes, quelques tombes, une pleine lune, des sons de cloche lugubres, des hurlements de loups, quelques éclairs et bruits de tonnerre, et souligne parfois ses effets d’un retentissant coup de tonnerre. Le film d’horreur selon Ed Wood, ça vaut le détour !

On ne saura jamais s’il jouait délibérément la carte du burlesque ou s’il était vraiment sérieux. Le mystère demeure…

Cette nouvelle œuvre resta longtemps en boîte (c’est-à-dire, qu’elle ne fut pas développée tout de suite), du fait d’un détail financier : Wood ne réussit jamais à trouver l’argent nécessaire pour régler le laboratoire.

Le film sortit en 1983 dans le circuit vidéo.


Un film fétiche et plus qu'ambigu : Glen or Glenda (1953), où Wood jour lui-même un travesti et termine sa carrière avec The Sinister Urge (1961), encore une histoire de psycho-killer avant de se lancer dans l'écriture, et parfois la réalisation de quelques films érotiques plus ou moins underground.

Au début des années 70, il signe encore quelques productions à caractère pornographique : Take it out in Trade et Necromania, avant de disparaître professionnellement parlant.

 

La force d'Edward Wood, maître incontesté de la série Z, visualisait ses films dans sa tête (bien !), mais ne travaillait jamais le scénario par la suite (pas bien !).

D'où cette incertitude et ces incohérences dans le récit que les gens appréciaient chez lui et que ce soient producteurs, comédiens ou spectateurs, tous se demandent encore ce que Wood voulait vraiment dire à travers son oeuvre.

 

Un génie méconnu et je dirais même plus, un génie incompris, encore et toujours !

 

Source :
Ze Craignos Monsters - Jean-Pierre Putters (1991)

 

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