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Le blog de Phoebe

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Une autre manière de traiter, de décrypter et de comprendre ce que l’on nous donne à voir, à écouter, à lire…


Le cinéma allemand # 4 : Le Nouveau Cinéma Allemand

Publié par Phoebe sur 21 Janvier 2013, 19:16pm

Catégories : #Chroniques cinématographiques

EMERGENCE D'UN COURANT CINEMATOGRAPHIQUE : LE NOUVEAU CINEMA ALLEMAND (RFA)

 

Le Nouveau Cinéma Allemand reprend le coup d’une manière beaucoup plus engagée politiquement, les productions cinématographiques deviennent de vraies critiques vis-à-vis de la société allemande.

Dans les années 60, il y eut une véritable révolution au sein du cinéma allemand : émergence du Nouveau Cinéma Allemand. « Neuer Deutscher Film » ou « Junger Deutscher Film » est un courant cinématographique né dans les années 60/70 en République Fédérale Allemande (RFA), mouvement représenté par Hans-Jürgen Syberberg, Alexander Kluge, Wim Wenders, Volker Schlöndorff, Werner Herzog, Werner Schroeter et Rainer Werner Fassbinder.

Cette génération de jeunes cinéastes veut en finir avec le Heimatfilm et les films du 3ème Reich. Ils plaçaient la critique sociale et politique au cœur de leur travail, ce qui les démarquait des réalisateurs de films de pur divertissement, représentés par le Heimatfilm, cinéma de genre typiquement allemand. Pour ces cinéastes, il faut faire « le travail du deuil ». A partir de 1962, le cinéma est très politisé, c’est le cinéma du travail du deuil qui reste toujours d’actualité. Les productions de ces cinéastes sont considérées comme étant du cinéma d’auteur.


Le manifeste d’Oberhaussen

Dans un pamphlet de 1961 intitulé « Le Film allemand ne peut être meilleur », Joe Hembus plaidait pour une réorientation du film allemand. Dans les années 50, le cinéma était dominé par des films développant des thèmes patriotiques, des tubes musicaux ainsi que de nombreuses adaptations de romans de Karl May et d’Edgar Wallace. A contre-courant de ce qu’était la norme cinématographique de l’époque, de nouveaux cinéastes allemands voulaient traiter des sujets sur la politique, sur la critique sociale tout en diffusant des débats contemporains. Pour eux, un film devait avant tout inciter le spectateur à réfléchir. Les réalisateurs devinrent peu à peu indépendants sur le plan financier.

Le 28 février 1962, lors du Festival du court-métrage d’Oberhausen, vingt-six jeunes réalisateurs s’associèrent à Joe Hembus pour proclamer ce manifeste. Le 1er février 1965, le « Curatoire du Jeune Film Allemand » fut fondé et reçut pour mission de soutenir financièrement de nombreux films allemands, avec le soutien du ministère de l’Intérieur.


Les débuts du Nouveau Cinéma Allemand : les années 60

« Non réconciliés », film également connu sous les titres français « Seule la violence aide » et « La Violence règne » (« Nicht versöhnt oder Es hilft nur Gewalt wo Gewalt herrscht », 1965), film réalisé par Jean-Marie Straub et Danièle Huillet (1936-2006), constitue un des tout premiers exemples du Nouveau Cinéma Allemand.

Jean-Marie Straub a été l’assistant de Jacques Rivette sur le film « Le Coup du berger » (1956). Par la suite, il s’associera avec Danièle Huillet, avec qui il réalisera de nombreux films. Ces deux cinéastes ont fait partie des précurseurs du Nouveau Cinéma Allemand, considérés comme atypiques, ils assurent eux-mêmes la production de leurs films depuis 1962. Danièle Huillet s’occupait plus de la production du son, de la diction des acteurs ainsi que du montage et Jean-Marie Straub attachait plus d’importance au cadre et à la direction des acteurs.

Tous les textes choisis par Straub et Huillet ont toujours eu une portée politique, car ils considéraient que la politique et le cinéma étaient deux choses indissociables. Tous leurs films sont des adaptations d’œuvres littéraires et musicales. Les deux cinéastes se revendiquaient tels des « artisans du cinéma », en opposition au Heimatfilm et à l’industrie cinématographique. Sur le plan technique, les deux cinéastes ne travaillaient qu’en prise de son direct, ils affectionnaient les plans-séquences et les plans fixes ainsi que les acteurs non professionnels. Straub et Huillet ont développé un style cinématographique qui se rapproche de la théorie de la distanciation de Bertolt Brecht, concernant le jeu des acteurs.

En septembre 2006, le jury de la 63ème Mostra de Venise a décerné un prix spécial pour l’ensemble de l’œuvre, notamment pour l’apport innovant fait au langage cinématographique.

« Les Deux sacrements » (« Billard um halb zehn », 1962) est un film également réalisé par Straub et Huillet, film qui présente une leçon de distanciation bretchienne où se mêlaient le passé et le présent de l’Allemagne.

« Les Désarrois de l’élève Törless » est le premier roman de l’écrivain autrichien Robert Musil, publié en 1906. Le livre s’inscrit dans le genre du roman d’apprentissage et raconte l’histoire sombre et perturbante d’un jeune homme désorienté, qui s’interroge sur les valeurs de la société et de sa signification. Le roman fit d’abord scandale auprès du public et des autorités car son contenu était jugé trop sexuellement explicite.

Le roman d’apprentissage ou roman de formation (« Bildungsroman », en allemand) est un genre romanesque littéraire né en Allemagne au cours du 18ème siècle, dont la fonction première est de s’opposer au style romanesque qui est celle de nous transporter dans un monde onirique et d’évasion. Un roman d’apprentissage développe le thème du cheminement évolutif d’un héros souvent jeune, jusqu’à ce qu’il atteigne l’idéal de l’homme accompli et cultivé. Généralement, le héros découvre un univers particulier au sein duquel il apprend la vie. Au-delà de l’apprentissage d’un domaine, le jeune héros découvre les grands événements de l’existence (la mort, l’amour, la haine, l’altérité, etc.). Le roman d’apprentissage est un genre qui décrit la maturation d’un héros, qui manque d’expérience au départ, puis traverse des obstacles et des épreuves afin de mûrir et d’en tirer ses propres leçons.

Robert Musil (1820-1942), ingénieur, écrivain, essayiste et dramaturge autrichien) fait partie de la génération expressionniste allemande dont l’esthétique littéraire est fondée sur le pouvoir quasi scientifique et sur l’analyse des faits humains et des sensations, à la recherche de ce qu’il nomme « la structure essentielle des choses ».

Volker Schlöndorff  est un cinéaste allemand ainsi qu’un fervent défenseur du cinéma d’auteur européen qui débuta comme stagiaire sur le film « Zazie dans le métro » (1960) de Louis Malle. Il commença sa carrière comme assistant d’Alain Resnais (« L’Année dernière à Marienbad », 1961), de Jean-Pierre Melville (« Le Doulos », 1962, « Léon Morin, prêtre », 1961) ainsi que de Louis Malle (« Le Feu follet », 1963).

Encouragé par ce dernier, Volker Schlöndorff adapte le roman de Robert Musil en 1966 tout en y incluant une composante propre à l’histoire allemande. « Les Désarrois de l’élève Törless » (« Der junge Törless ») est un film qui relate l’histoire du jeune Törless, élève dans un pensionnat, qui observe les maltraitances subies par un camarade juif. Törless désapprouve les actes mais n’intervient pas.

Le film fut nominé dans la sélection officielle pour le Festival de Cannes de 1966 et remporta le Prix de la Critique Internationale. Grâce au film, le Nouveau Cinéma Allemand se fait connaître auprès du grand public.

En 1966, Alexander Kluge réalise « Anita G. » (« Abschied von gestern, Arbeitstitel : Anita G »), un film dont le protagoniste est une jeune femme juive qui fuit la RDA pour se réfugier en République Fédérale Allemande, mais elle n’y est pas non plus acceptée. Ce film fut récompensé la même année au Festival de Venise par le Prix spécial du Jury.

Son second long-métrage, « Les Artistes sous le chapiteau : perplexes » (« Die Artisten in der Zirkuskuppel: Ratlos », 1968), reçut le Lion d’or à la Mostra de Venise la même année.

Le 1er janvier 1968, la loi sur l’encouragement du film entre en vigueur. L’Institut de Promotion du Film (« Filmförderungsanstalt » en allemand) fut créée à Berlin-Ouest. Peu de temps après, le Nouveau Cinéma Allemand remporta un grand succès avec une comédie réalisée par May Spils en 1967 intitulée « Venons-en au fait, mon trésor » (« Zur Sache, Schätzchen »). Le film sort dans les salles allemandes le 4 janvier 1968. Il s’agit d’un film d’auteur divertissant qui met en scène les épanchements philosophiques d’un marginal originaire de Souabe (« Schwaben », en allemand). Le Souabe est une région historique de l’Allemagne. Le film se compose d’aphorismes irrespectueux et anticonformistes dans la façon de vivre de Werner Enke, interprète principal et co-auteur de ce film gai et anarchique, qui reflète une partie de la réalité Ouest-allemande à la fin des années 60.

Lors de la Berlinale de 1968, Werner Herzog reçut l’Ours d’argent pour la mise en scène de son film « Signe de vie » (« Lebenszeichen »), qui relate l’échec de la tentative de rébellion d’un soldat à la fin de la Seconde guerre mondiale.

En 1969, une nouvelle controverse apparaît lors de la sortie du film « Scènes de chasse en Basse Bavière » (« Jagdszenen aus Niederbayern »), réalisé par Peter Fleischmann. Ce film entraina la production de nombreux Heimatfilm (« films du terroir ») de style critique. Le récit conte l’histoire d’un jeune homme homosexuel, qui soupçonné de meurtre, s’attire la haine de la population rurale bavaroise qui le pourchasse sans pitié.

Rainer Werner Fassbinder est un réalisateur, acteur, auteur et metteur en scène de théâtre allemand né en Bavière en 1945 et mort à Münich en 1982. Il est considéré comme l’un des principaux représentants du Nouveau Cinéma Allemand.

En 1966, il réalise un premier court-métrage un court-métrage intitulé « Le Clochard » (« Der Stadtstreicher »), un hommage au film d’Eric Rohmer, « Le Signe du lion » (1959). Il s’associe également à des troupes de théâtre expérimental. Il fonde sa propre troupe « l’Antiteater » pour laquelle il écrit la majorité de ses pièces entre 1968 et 1971. En 1968, il joue dans « Le Fiancé, la Comédienne et le Maquereau » (« Der Bräutigam, die Komödiantin und der Zuhäler »), un film de Straub & Huillet sorti en 1968, cinéastes auxquels il rend hommage dans son premier film qu’il réalise en 1969.

Fassbinder est influencé par les mélodrames de Douglas Sirk, réalisateur et scénariste allemand d’origine danoise. Dans une moindre mesure, il est également influencé par Jean-Luc Godard et aussi par les films policiers américains hollywoodiens de John Huston, de Raoul Walsh et d’Howard Hawks.

En 1969, Rainer Werner Fassbinder réalise « L’Amour est plus froid que la mort » (« Liebe ist Rälter als der Tod »). Ce premier film suit le modèle des films de genre américain ainsi que celui de Jean-Marie Straub. Il constitue une étude détournée des mondes souterrains munichois. Mélangeant théâtre et cinéma, Fassbinder produira des films surtout alternatifs ; il produira une quarantaine de films en l’espace de treize ans.


Apogée et succès commerciaux des années 70

En 1970, le film de Micheal Verhoeven « O.K. », déclenche un coup d’éclat qui interrompt la Berlinale. Dans cette œuvre, des soldats américains engagés au Vietnam, violent et assassinent une jeune fille. Verhoeven déplace l’action du film en pleine forêt bavaroise, avec des effets de distanciation brechtiens.

« La Soudaine richesse des pauvres gens du village de Kombach » (« Der plötzliche Reichtum der armen Leute von Kombach ») de Volker Schlöndorff est un film réalisé en 1970 dans lequel apparaît Rainer Werner Fassbinder en tant qu’acteur. Le récit du film se situe en 1821 et raconte l’histoire de pauvres paysans endettés qui réussissent après cinq tentatives, à attaquer le fourgon des impôts. Leur richesse soudaine ramène les soupçons sur eux et leurs aveux ne les sauvent ni de la torture ni de l’exécution. Cette histoire est tirée d’un fait divers réel. Schlöndorff a constitué son film comme un collage fait des minutes du procès, de scènes de la vie quotidienne et de chants populaires. Le cinéaste réalise une fable sur les mécanismes de l’oppression. Les gens de Kombach, qui vivent dans la misère, les superstitions ainsi que dans l’injustice d’un système qui les broie, n’ont aucun espoir de s’en sortir.

La « Maison d’édition des films d’auteur » est créée le 18 avril 1971 sur le modèle d’une coopérative. Son objectif était d’apporter une aide aux cinéastes dans la production et dans la distribution des films.

En 1971, les organisateurs de la Berlinale créèrent une annexe au festival : « le Forum International du Nouveau Film ».

En 1972, Werner Herzog et l’acteur Klaus Kinski collaborent sur le film « Aguirre, la colère de Dieu » (« Aguirre, der Zorn Gottes »). Le récit s’inspire d’un épisode historique du 16ème siècle. Un conquérant espagnol échoue dans la fondation d’un Etat idéal en Amazonie. A travers ce film, Herzog fustige la folie impérialiste et les dérives de l’idée de chef.

Le 15 avril 1973, Wolfgang Petersen et Wolfgang Menge lancent un débat écologique en mettant en scène un document fictionnel intitulé « Smog », qui a été diffusé à la Télévision Ouest-allemande (WDR). Dans ce film, des représentants de l’économie et de la politique communale et nationale se préoccupent de l’avenir du bassin de la Ruhr qui vient de subir une catastrophe écologique.

Volker Schlöndorff s’impose comme le chef de file du Nouveau Cinéma Allemand grâce à l’adaptation en 1975, du Prix Nobel de littérature Heinrich Böll.

« L’Honneur perdu de Katharina Blum » (« Der verlorene Ehre der Katharina Blum oder: Wie Gewalt entstehen und wohin sie führen kann ») est un film qu’il réalise avec Margarethe von Trotta et qui constitue une critique acerbe de l’Allemagne des années de plomb. Lors de sa sortie en salles le 9 octobre 1975, le film rencontre un succès auprès du public et apporte un second souffle au Nouveau Cinéma Allemand. Cette fresque dramatico-bouffonne délirante revisite d’une manière anticonformiste l’histoire de l’Europe centrale, de l’Allemagne et du nazisme, à travers le parcours d’un jeune enfant de trois ans qui ne veut point grandir. Le cinéaste obtint une reconnaissance internationale grâce à son film « Le Tambour » (« Die Blechtrommel », 1979), adaptation du roman de Günter Grass paru en 1959. Le film reçut la Palme d’or au Festival de Cannes 1979, ex-aequo avec « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood.

Malgré le succès du « Tambour », Volker Schlöndorff reste fidèle à un mode de production cinématographique  indépendant (il produit ses propres films) ainsi qu’à un cinéma d’auteur européen, considéré comme porteur de noblesse culturelle et d’une inspiration puisée au sein d’une diversité linguistique ainsi qu’au sein du patrimoine littéraire.


De l’apogée au déclin

En 1977, le Nouveau Cinéma Allemand atteint une portée mondiale avec le film réalisé par Wim Wenders, « L’Ami américain » (« Der amerikanische Freund »). Cette adaptation cinématographique du roman de Patricia Highsmith, se focalise davantage sur la psychologie des protagonistes que sur les nœuds de la tension dramatique. Le récit raconte l’histoire d’un ouvrier habitant la ville de Hambourg, atteint d’une grave maladie et qui devient tueur à gage.

« L’Allemagne en Automne » (« Deutschland im Herbst ») sort en 1978. Le film est issu d’un projet collectif réunissant entre autres, Alexander Kluge, Rainer Werner Fassbinder, Beate Mainka-Jellinghaus, Maximiliane Mainka et Volker Schlöndorff. Le film traite de la situation politique allemande à l’époque de la chasse aux terroristes. Cette œuvre eut un large écho sur la scène internationale.

« Le Couteau dans la tête » (« Messer im Kopf ») est un drame psychologique réalisé en 1978 par Reinhard Hauff. Le film qui évoque le même thème qu’ « Allemagne en Automne ».

Hans-Jürgen Syberberg est un cinéaste allemand né en 1935 qui réalisa des films entre 1965 et 1997. Il réalise son premier film en 8 mm entre 1952 et 1953, puis fait des études littéraires et d’histoire en 1956. Syberberg considère le cinéma comme une véritable passion, en cela il devient adepte du « Gesamtkunstwerk » (œuvre d’art totale).

Le « Gesamtkunstwerk » est un concept issu du romantisme allemand, apparu au 19ème siècle en Europe. Une œuvre d’art totale se caractérise par l’utilisation simultanée de nombreux médiums et disciplines artistiques et par la portée symbolique, philosophique ou métaphysique qu’elle détient. Cette utilisation vient du désir de refléter l’unité de la vie.

Par exemple, la série des « Cremaster » (« The Cremaster Cycle »), série de cinq films d’art réalisés par l’artiste américain Matthew Barney entre 1994 et 2002, est une œuvre d’art totale : cinéma, sculptures, performances et dessins s’y agencent conjointement à chaque étape de l’œuvre.

Les œuvres cinématographiques de Syberberg résultent d’une fusion entre deux pôles fondamentalement contradictoires, issu de l’héritage culturel allemand : le rationalisme du 18èm siècle et le mysticisme du 19ème siècle.

Dans le rationalisme, la raison discursive est considérée comme seule source possible de toute connaissance réelle. Le réel ne serait connaissable qu’en vertu d’une explication par la raison déterminante, suffisante et nécessaire. Le rationalisme attribue à la raison humaine la capacité de connaître et d’établir la vérité.

Dans le mysticisme, l’idée du mystère ou de la mystique porte sur ce qui n’est pas accessible, pas démontrable, ou sur ce qui est ineffable. La caractéristique de la mystique, quelle que soit la religion d’où elle est issue, est qu’elle propose l’introspection comme moyen pour atteindre le divin ou la vérité.

En 1972, Syberberg réalise « Ludwig, requiem pour un roi vierge » (« Ludwig II, Requiem für einem jungfraulichen König »), une biographie poétique sur l’histoire de Louis II, roi de Bavière entre 1864 et 1886. Syberberg raconte l’admiration qu’avait le roi pour Wagner, son isolement dans ses châteaux baroques, ses divertissements en compagnie de jeunes domestiques, ses angoisses et sa folie.

En 1973, le cinéaste réalise « Le Cuisinier de Ludwig » ou « Le Cuisinier du roi » (« Theodor Hierniest,  oder wir man ehemaliger Hofkocher wird »). Le narrateur, Theodor Hierniest raconte en un long monologue, sa vie de cuisinier au service de Louis II de Bavière. Le film diffuse « des images superbes, un texte humoristique et savoureux : une époque revit » (Cf. Dictionnaire du cinéma).

« Karl May, à la recherche du paradis perdu » (« Karl May », 1974) est un film de 3h20 mn qui évoque les dernières années de vie du célèbre romancier allemand.

« Hitler, un film d’Allemagne » (« Hitler, ein Film aus Deutschland ») est un film réalisé par Hans-Jürgen Syberberg en 1977, qui dure 7h20mn. Le film constitue un monologue dialogué, une suite d’images théâtrales où sont conviées plusieurs personnalités allemandes. Images au sein desquelles il est question de l’histoire de l’humanité, sur la catastrophe en tant que film, film dans lequel les décors en studio deviennent symboliques.

H-J. Syberberg : « Il est question d’Hitler en nous, sans décors, en projections, artisanat imaginaire que le budget nous permet juste et où chacun peut participer ».

 Le film apparaît comme un pari insensé, un événement de fin de siècle. Syberberg était un expert en mythes germaniques, a su traiter « le grand cauchemar et de sa survivance sous des traits culturels » ainsi que de l’asservissement de la planète. Pour Syberberg, Hitler était avant tout un prodigieux cinéaste, véritable metteur en scène d’une guerre conçue pour être filmée.

« Tout en se livrant à un étourdissant montage sonore, Syberberg utilise tout l’arsenal audiovisuel pour faire exister un monologue à plusieurs voix, véritable chant de détresse d’un Allemand d’aujourd’hui ». (Cf. « Dictionnaire du cinéma » - Bernard Rapp & Jean-Claude Lamy). Le film connu un immense retentissement en Occident sauf en Allemagne.

Dans les années 70, Fassbinder est connu pour avoir créé des personnages féminins les plus fascinants du cinéma d’après-guerre, c’était d’ailleurs un réalisateur passionné par les femmes. Ces travaux sont aussi considérés comme étant très personnels et inimitables. Les personnages de ses films sont souvent des exclus e des opprimés. Fassbinder s’occupait de la politique cinématographique ainsi que de la critique de la société politique.

« Le Mariage de Maria Braun » (« Die Ehe der Maria Braun ») est un film adapté du roman de Theodor Fontane, « Effi Briest » publié en 1894, réalisé par Rainer Werner Fassbinder sorti en 1979.

Dans l’extrait où la voix (off) d’Adenauer se fait entendre à la radio: Adenauer, premier chancelier de la RFA, annonce qu’il n’y aura pas de nouvelle armée. Dans ce même film, il annoncera plus tard le contraire. La voix de la radio est superposée aux dialogues des personnages.

Les femmes bougent et discutent entre elles. Après la guerre, une nouvelle dynamique s’installe, créée par les femmes car il reste très peu d’hommes en Allemagne à cette époque. Après la guerre, les femmes ont tout de suite commencé à ranger le terrain : « Trümmerfranen ».

Le personnage du « Mariage de Maria Braun » est une femme belle et ambitieuse qui connaît l’ascension sociale dans l’Allemagne d’après-guerre. Cette œuvre constitue le premier opus de la trilogie de Fassbinder sur la RFA.

« Lola, une femme allemande » (« Lola », 1981) constitue le deuxième opus  de cette trilogie et « Le Secret de Veronika Voss » (« Die Sehnsucht der Veronika Voss ») obtint l’Ours d’or à la Berlinale la même année et clôt cette trilogie achevée en 1982. Cette trilogie narre l’histoire de la nouvelle Allemagne de l’Ouest.

En septembre 1979, certains cinéastes munichois ont tenté de remettre au goût du jour le Nouveau Cinéma Allemand par le biais de la « Déclaration de Hambourg ». Hélas, le courant ne connut plus les succès remarquables et ne put concurrencer les « blockbusters » américains. Les cinéastes du Nouveau Cinéma Allemand continuèrent à travailler soit à Hollywood, soit pour la télévision, ou tournèrent des films expérimentaux pour un public composé de cinéphiles avertis.

 

A SUIVRE : Théories et concepts : Qu'est-ce que le Nouveau Cinéma Allemand ?


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seo company 19/08/2014 11:51

German films are familiar romantic and action. But blockbuster movies are not seen for a while. When a film is made up of so many people who are in back stage hard work is there. There is no one man can do all thing to make a film perfect.

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