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Le blog de Phoebe

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Une autre manière de traiter, de décrypter et de comprendre ce que l’on nous donne à voir, à écouter, à lire…


Le film criminel : Le film de gansters # 2

Publié par Phoebe sur 23 Octobre 2009, 20:00pm

Catégories : #Chroniques cinématographiques

Figure hybride du film criminel, dès les années 1930, le cinéma parlant donna une nouvelle dénomination à ce genre avec des films tels que The Big House de George W. Hill (film produit par la Metro-Goldwyn-Meyer), Little Caesar de Mervyn Le Roy  ou le fameux Scarface d’Howard Hawks.

L’histoire de The Big House fait figure de prototype du « film de prison », genre très prisé aux Etats-Unis. Il relate l’histoire d’un détenu qui a réussi à réprimer une mutinerie au sein d’un centre pénitencier. Le film oriente sans nul doute le genre vers la critique sociale.

Mervyn le Roy n’hésitait pas à s’attaquer aux conditions de vie que l’on retrouvait dans les bagnes américains. Dans Je suis un évadé du même réalisateur, le scénario raconte l’histoire vraie d’une erreur judiciaire. Le film est perçu comme un réquisitoire violent, révélant  d’affreuses prisons d’une Amérique réelle, images trop souvent absentes d’un Hollywood  faisant l’impasse sur la réalité de l’époque.


Scarface, chef d’œuvre et modèle du genre, relate l’histoire d’un gangster bien connu de tous, Al Capone. Le réalisateur, Howard Hawks, décrit les gangsters comme de grands enfants irresponsables qui jouent avec de vraies armes, générant de vraies balles et produisant de vrais morts. L’actualité et le réalisme lui valurent à la fois l’admiration méfiante de Capone lui-même et des ennuis avec la censure. Le héros a toutefois conservé les valeurs qui fondèrent l’esprit pionnier américain, sans se rendre compte que le monde autour de lui avait changé.

Le récit de ce film est net, rapide et violent, faisant preuve d’une aisance stylistique très rare au début du cinéma parlant. En effet, l’atmosphère d’oppression permanente, rendue par les éclairages de type expressionniste et les cadrages serrés dans des lieux clos et étouffants ont suscité un intérêt pour le genre.


Le gangster est un personnage urbain associé à une iconographie ainsi qu’à une caractérisation mis en avant par un accent, une gestuelle, une tenue vestimentaire, un milieu et un décor qui le rend totalement reconnaissable. L’ensemble de ses caractéristiques désigne le gangster comme une caricature du rêve américain, dépeignant une Amérique commerciale, compétitive et lucrative. En effet, son activité, bien qu’illicite, imite le capitalisme, dont il utilise les méthodes sauvages, marquant l’insatiable appétit de s’agrandir et mettant l’accent sur la rupture du mode familial et artisanal d’où il est issu. Parallèlement, ses habitudes culturelles et ses tenues vestimentaires constituent une exagération du bon goût. Il est à noter que le gangster vit souvent en symbiose ou en parasite avec divers personnages tels que les politiciens, les policiers corrompus et les avocats véreux qui pervertissent la norme sociale à laquelle ils appartiennent.

 



A suivre...

Sources :
* Histoire du cinéma mondial (9ème édition, revue et augmentée) ~ Georges Sadoul ~ 1949
* Dictionnaire mondial des films ~ Bernard Rapp & Jean-Claude Lamy ~ 2000
* Hollywood : la norme et la marge ~ Jean-Loup Bourget ~ 1998

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