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Le blog de Phoebe

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Une autre manière de traiter, de décrypter et de comprendre ce que l’on nous donne à voir, à écouter, à lire…


Le film policier français : Dobermann de Jan Kounen

Publié par Phoebe sur 18 Janvier 2013, 18:22pm

Catégories : #Chroniques cinématographiques

Le film policier français : Dobermann de Jan Kounen

LE FILM POLICIER FRANCAIS

Titre du film : Dobermann

Année de sortie : 1997

Réalisateur : Jan Kounen

Scénaristes : Jan Kounen & Joël Houssin

Synopsis : La bande de Yann Le Pentrec, dit le Dobermann s’apprête encore à frapper. Les membres s’organisent afin d’opérer au braquage d’une banque. La police est aux trousses du gang de bandits mais leurs investigations sont vaines, le gang des braqueurs a réussi son coup. Sauveur Cristini, dit la Hyène, un inspecteur aux manières peu tolérables et peu orthodoxes, reprend l’affaire en main d’une façon peu conventionnelle.


Le rapport entre l’œuvre littéraire et le film

 « Dobermann » est un film de gangsters français aux multiples influences esthétiques. Le réalisateur, Jan Kounen inclut une dimension gothique et expressionniste tout en faisant référence à une histoire française et américaine du cinéma de genre dans la plus pure tradition du polar français.

Le film est une adaptation du premier titre de la « Série Le Dobermann »  (19 romans) de Joël Houssin, « Le Dobermann américain », publié en 1981. Joël Houssin est un écrivain de roman de science-fiction et de polars français. Le livre n’est plus édité.


Jan Kounen : « Dobermann », un premier film

Réalisateur, producteur et scénariste français d’origine néerlandaise est né en 1964 à Ultrecht (Pays-Bas). Il a fait des Etudes Supérieures des Arts Décoratifs de Nice où il réalise plusieurs courts-métrages. En 1988, il obtient son diplôme National Supérieur d’Etudes Plastiques et commence sa carrière en tournant des films publicitaires ainsi que des clip-vidéos dans les années 90.

En 1997, Kounen réalise son premier long-métrage, un film d’action excentrique et survitaminé, « Dobermann ». En 2004, il réalise « Blueberry, l’expérience secrète », une adaptation libre de la bande dessinée « Blueberry » créée par Jean-Michel Charlier et Jean Giraud, alias Moebius.

En 2005, Jan Kounen réalise « D’autres mondes », un documentaire sur sa propre expérience chamanique. En 2006, il réalise un nouveau documentaire, « Darshan : L’étreinte ». En 2007, il réalise « 99 francs », satire du monde publicitaire, adaptée du roman éponyme de Frédéric Beigbeder.

« Coco Chanel et Igor Stravinsky » est son dernier film sorti en 2009, film qui raconte la relation amoureuse entre les deux personnages au cours des années 1910.

En 2011, le cinéaste soutient officiellement la cause du Chef Roani dans sa lutte contre le barrage de Belo Monte et réalise en 2012, un spot de sensibilisation dénonçant la déforestation en Amazonie ainsi que les conséquences de la construction du barrage de Belo Monte (Brésil).


Le film dans la carrière du cinéaste

Le film symbolise une genèse : celle d’un cinéaste dont le premier film est un film policier français, genre reconnu comme étant du cinéma d’auteur en France. Kounen revisite les formes classiques des films de casse et de gangsters, ainsi que des films policiers américains et français entre les années 1930 et 1960, mais également celles du film noir.


 « Dobermann » ou l’histoire cinématographique du genre policier

Ce que Tarantino fait à travers la bande-son et l’introduction d’objets appartenant à d’autres films, Kounen le fait par le biais de la technique, de l’image, de la citation littéraire et du montage alterné.

Les éléments du film de gangsters sont pratiquement tous présents. Le film de gangster est une figure hybride du film criminel, genre cinématographique américain des années 30.

A Hollywood, dans les années 30, l’ensemble de ces caractéristiques désignait le gangster comme une caricature du rêve américain, dépeignant une Amérique commerciale, compétitive et lucrative. En effet, l’activité du gangster, bien qu’illicite (acte délictueux), imite le capitalisme dont il utilise les méthodes sauvages, tout en marquant son insatiable appétit de richesse, et en mettant l’accent sur la rupture du mode familial et artisanale d’où il est issu. Parallèlement, ses habitudes culturelles et ses tenues vestimentaires constituent une exagération du bon goût.

« Dobermann » est l’histoire de l’avenir d’un enfant dont le destin est déjà tout tracé : il deviendra gangster et il se nommera le Dobermann. Au début du film, deux personnes (Le Dobermann et Nat la Gitane) sont montrées en train de commettre un acte délictueux (le braquage d’un forgon blindé), doublé d’un meurtre (celui du chauffeur du forgon) qui est suggéré.

Le Dobermann, personnage central du film, est montré comme le leader de la bande à qui tout réussit. C’est un personnage charismatique, loyal, qui possède le goût du risque et de l’aventure. Le gangster est un personnage urbain associé à une iconographie ainsi qu’à une caractérisation mise en avant par un accent ou une manière de parler. Dans « Dobermann », la bande de gangsters utilise un langage argotique et familier, une gestuelle (caractéristique à chaque personnage), une tenue vestimentaire (le travestissement, la sexualité à travers les tenues du personnage de Nat la Gitane), un milieu et un décor qui le rend totalement reconnaissable (la villa excentrée exprimant la ruralité, le QG des bandits, la casse de voitures, le club underground, l’urbanité de la ville, l’action se passe à Paris).

Le film décrit également différents types de personnages tels que le criminel excentrique (Elie Frossard dit l’Abbé), le tueur psychopathe (Jean-Claude Ayache dit Moustique et Jacky Sueur dit le Pitbull) et la femme fatale (Nathalie Vidal dite Nat la Gitane) tout comme dans les figures caractéristiques du film noir. Le monde de Nat la Gitane est un univers où règne le silence. Elle a des allures de femme fatale qui est l’une des figures du film noir.

La bande du Dobermann est également montrée dans son milieu (la villa, la casse, la banque) et les discussions des protagonistes tournent autour du meurtre perpétré (suggestion). Au sein de ce milieu, vivent des marginaux (des voleurs de voitures, un gitan, une malentendante, un travesti) qui aiment le luxe et l’argent. Ils préparent ensemble le nouveau braquage d’une banque. Le récit se passe à l’époque contemporaine comme le Dobermann le précise à juste titre : « Le gangster doit se moderniser ». L’élaboration de la stratégie du Dobermann est mise en évidence à travers l’utilisation du split-screen (ou écran divisé). Les gangsters sont conscients qu’ils brisent la norme sociale.

Dans les films de gangsters, on vise à exposer une norme sociale caricaturée jusqu’à son paroxysme : ambition démesurée (Olivier est censé être étudiant en Faculté de Droit), emploi de la force (Cristini est un policier sans scrupule), tenues vestimentaires voyantes et provocantes (les tenues excentriques de Sonia, les tenues et le maquillage sexy de Nat la Gitane), symboles d’un monde matérialiste et corrompu dans lequel évoluent les personnages.

La bande des gangsters est présentée grâce à l‘utilisation de deux points de vue, celui des bandits et celui de la police, et la police est elle-même représentée avec deux points de vue différents, celui du « bon » flic fonctionnaire, représentant de l’ordre et celui du « méchant » flic blasé et tyrannique.

On retrouve également au sein du film de Kounen les caractéristiques des formes classiques du genre policier français : plusieurs incursions dans différents milieux socio-professionnels (on suit une partie de la police dans ses actions sur le terrain, pourrait prendre des allures de film à enquête puisque l’on se pose la question : La police arrivera-t-elle à coincer la bande du Dobermann (création d’une attente/suspense auprès du spectateur) et comment ?

Les armes sont aussi filmées comme des objets qui tuent mais également comme des symboles phalliques (allusion sexuelle). Kounen présente une autre facette de la police par le biais du personnage de Cristini, flic ripoux, véreux, méchant et blasé.

La police semble être désorientée, c’est alors que le personnage de Cristini est mis en avant. Ce dernier n’est pas là pour résoudre les problèmes conjugaux ni les affaires de mœurs. Déterminé dans sa lutte contre le banditisme, il use et abuse des pouvoirs qui lui sont conférés en utilisant des moyens de pression douteux, parfois intolérables, pour atteindre son objectif.

Dans la deuxième partie du film, le cinéaste se focalise sur la description du personnage de Cristini qu’il oppose à celle de la bande du Dobermann qui est prise au piège dans la discothèque.

Le film noir montre volontiers la limite de la norme psychique et psychologique : tueur sadique, criminel fou aux tendances régressives, tel est le profil psychologique de Cristini après avoir sniffé de la cocaïne (acte délictueux).

Ainsi, Kounen se colle à la vision du monde non manichéenne d’Henri-Georges Clouzot : « L’être humain n’est ni bon ni mauvais et est capable du pire ».

Jan Kounen utilise dans son récit le retournement de situation ainsi que le suspense car le film noir peut se rapprocher par bien des points du thriller en général, et du thriller hitchcockien en particulier : « to thrill » provient de l’anglicisme désignant le verbe « frissonner ».

D’où cet effet de sensations fortes dans le film instigué par l’action pure (drama). Le thriller tout comme le film noir, met en scène des personnages séduisants, inspirant un sentiment de liberté, (ce qu’inspire la bande du Dobermann), mais pervers (l’Abbé, Pitbull et Moustique, Cristini). Ces personnages expriment bien souvent la figure du double dont la narration insiste sur l’affect afin de manipuler le spectateur (le meurtre, la perte du chiot, le repas d’anniversaire qui tourne à l’interrogatoire forcé chez Olivier qui a une double vie, Moustique est un père de famille divorcé qui braque des branques, les moyens qu’utilisent Cristini qui en font un personnage antipathique, le Dobermann sachant faire preuve de compassion quand son camarade Manu meurt ou de bonté quand il laisse la vie sauve à Olivier à travers la mort symbolique de Sonia.

Le film noir possède la double faculté d’intérioriser et d’extérioriser. Il intériorise car il implique une normalité sociale, psychique, sexuelle qui n’est souvent qu’une apparence trompeuse, et implique également des éléments factuels tel que le destin ou le hasard qui vont permettre le bouleversement de la vie du citoyen le plus ordinaire jusqu’à le faire devenir criminel. Le personnage d’Olivier, est un homme marié et père de famille qui fête son anniversaire dans sa propre famille, la normalité sociale, psychique et sexuelle est ainsi évoquée.

De la même manière qu’il intériorise, le film noir extériorise car il donne la possibilité de franchir une frontière, non pas située entre la normalité et la déviance, éléments qui mettent en avant une criminalité rationnelle, mais plutôt des formes excessives de violence et de perversité. Tout comme dans « Orange mécanique » (« A Clockwork Orange », Stanley Kubrick, 1971, GB), dans « Dobermann », l’ultraviolence est mise en avant.

Les personnages sont dirigés par des pulsions en lien étroit avec l’Eros et le Thanatos, autrement dit, des pulsions tiraillées entre la passion érotique et la pulsion de mort, idéologie freudienne dont les éléments peuvent se combiner, parfois d’une façon contradictoire, mais qui sont typiques du film noir.

Kounen réalise ainsi un film d’action aux nombreuses influences dont l’effet de sensation se situe du côté de la transgression. L’ambiance underground du film retranscrit une marginalité, un lieu où toutes les transgressions sont possibles mais au sein duquel tout le monde s’accepte et où il n’y a point de préjugé.

Dans la dernière période classique, le film de gangsters et le film noir s’hybrident avec l’arrivée de la couleur qui n’interdit aucunement l’effet « noir » : couleurs crépusculaires et mélancoliques, larges aplats qui isolent et rendent pathétique le visage des personnages (gros plans de face sur le visage des différents personnages).

Cristini est un flic sans scrupules, aux préjugés avérés et aux méthodes peu communes, qui connaît bien le monde des bandits (Cf. « Les voyous, c’est comme le gibier, faut qu’la viande pourrisse un peu pour qu’elle soit bonne »).

Le cinéaste part alors dans un délire d’images hallucinatoires et cinématographiques où se mêlent sexe, drogue et musiques électroniques (Cf. Musique du groupe Prodigy, Big Beat, style de musique électronique), images faisant référence à une ambiance « underground », urbaine et contemporaine. La figure de la « balance » est représentée à travers le personnage de Sonia/Olivier qui livre de précieuses informations sous la pression de Cristini.

Cristini est un homme de terrain et d’action qui sème le désordre. Il n’hésite pas à sortir la grosse artillerie et à donner des coups de feu en cascade dans le club où s’était retrouvée la bande du Dobermann, scènes rappelant les films policiers américains contemporains tels que « Reservoir Dogs » (1992), et « Pulp Fiction » (Palme d’or au Festival de Cannes 1994), films de gangsters américains réalisés par Quentin Tarantino.

Le film noir possède une véritable identité visuelle : éclairages expressionnistes fortement contrastés, plans obscurs, décors urbains, espace clos qui sont les préfigures du genre utilisées par Jan Kounen.

Grâce à ce film, le cinéaste revisite le genre policier en utilisant l’évolution du genre au sein même de l’histoire du cinéma. Il mélange astucieusement les genres policiers d’époques différentes : film de casse (courses-poursuites, explosions, échanges de coups de feu, film-enquête comme récit second (comment les policiers vont-ils faire attraper la bande de gangsters ?), ainsi que les films criminels américains des années 1930 à 1960, incluant le film noir, genre qui influença le cinéma français sous la forme du polar dont Georges Simenon et Julien Duvivier fondent les bases.

L’esthétique du film noir est directement inspirée de l’expressionnisme allemand ainsi que du néo-réalisme italien. Cette esthétique joue sur des éclairages dramatiques et des prises de vues subjectives prônant une ambiance particulièrement noire (sur la fin du film puisqu’il y a eu des pertes humaines (les victimes) dans les deux camps), afin de mettre en valeur l’état psychologique des différents personnages.

Dans la deuxième partie du film, le personnage de Cristini prend des allures de folie douce, dont la gestuelle rappelle le jeu des acteurs des films expressionnistes années 20 ainsi que ceux des films policiers américains.

Jan Kounen utilise les formes préclassiques du film noir au sein même de son récit. Il utilise également une caractéristique du genre qui met l’accent sur la figure de l’inspecteur blasé mais pas désespéré, le personnage de Cristini. Personnage qui conserve son intégrité morale (le respect de la loi) bien qu’il fréquente le milieu de la pègre.

D’un point de vue esthétique, l’image est remarquablement composée, influencée par un expressionnisme plastique : la nuit est noire, les éclairages donnent du relief aux personnages ainsi qu’aux objets, ainsi que l’aspect hallucinogène de certaines images.

« Dobermann » est un film d’action mêlant suspense, sensations fortes, intrigue policière tout en contant la vie d’une bande de gangsters, celle de Yann Le Pentrec dit le Dobermann.

Le thriller hitchcockien se caractérise par une construction narrative implacable et un resserrement en huis clos théâtral (la scène finale de lutte dans la voiture entre le Dobermann et Cristini), le tout allié à la couleur. Le cinéaste n’hésite à pas à explorer le genre gore, grâce au fameux « plan gore », qui accentue l’aspect réaliste de la scène (la tête de Cristini qui frotte contre le bitume alors que la voiture conduite par le Dobermann est en train de rouler).

La fin du film ne constitue pas une « happy end » car le film noir est pessimiste par essence et privilégie des thèmes tels que le meurtre, le crime, l’infidélité, la trahison, la jalousie, le fatalisme et la femme fatale.


Apport du cinéaste par rapport au genre

Le film de Jan Kounen constitue une mise en abyme de l’histoire du cinéma. Le cinéaste raconte son histoire du cinéma en utilisant certaines caractéristiques de plusieurs formes du même genre,  le film policier ainsi que ses dérivés, tout en s’incluant dans l’histoire du cinéma policier français.

La tradition du film de gangsters continue de nourrir des histoires réalistes basées sur le fonctionnement de l’activité économique. Le film noir continue toujours d’inspirer de nombreux cinéastes, introduisant une imagination féconde, inépuisable car issue de la littérature, et fantaisiste, aux données naturalistes, se situant entre l’expressionnisme allemand et le thriller hitchcockien. Jan Kounen a réussi avec son film à allier certaines constantes des deux genres pour en faire une histoire originale.

« Dobermann » est un film qui revêt tous les traits du film noir : intrigue complexe, onirisme, passion érotique, pulsion mortifère avec des incursions dans le style gothique.

La distinction entre le film de gangsters et le film noir tient aux thématiques que ces deux genres développent : l’une objective, ayant pour thème la corruption qui apparaît comme un sujet factuel et rationnel dans la sphère sociale. Le Dobermann est issu d’une famille de gangsters, le destin a voulu qu’il devienne braqueur de banques à l’âge adulte.

L’autre thématique est subjective dont le sujet devient métaphysique, passant dans la sphère éthique, ce qui induit la question du point de vue. Le cinéaste distille son récit à travers trois points de vue :

* celui du gang qui est vécu comme un ensemble de personnages bien distincts les uns des autres.

* celui du commissaire Clodarec et de son équipe qui représente l’ordre public ainsi que l’institution impuissante.

* celui de l’inspecteur Cristini, policier aux pratiques tyranniques et au profil psychologique digne d’un tueur en série.


C’est un film qui reflète l’évolution des mœurs ainsi que celle des connaissances de la société. Le relâchement de la censure aidant, la tolérance à un certain niveau de violence et la description de déviances sexuelles permet à Jan Kounen de réaliser un film qui ne joue plus sur le mode de la suggestion. Ce qui n’affecte pas le genre mais l’invite plutôt à innover vers de nouvelles formes de films policiers.

Jan Kounen utilise des formes cinématographiques hollywoodiennes classiques du cinéma de genre pour réaliser son premier film. Formes qu’il s’applique à mélanger d’une façon ingénieuse tout au long de son œuvre. En cela, le cinéaste compile en un seul et unique film, toute l’histoire et toute l’évolution du genre policier au cinéma, inspiration qu’il a puisée au sein même du genre ainsi que dans la littérature policière contemporaine.

Le film ne joue pas forcément sur le mode de la suggestion et s’inspire également des films américains jouant sur le montage et la composition de l’image ainsi que sur l’intensification névrotique basée sur l’interprétation. « Dobermann » est un film post-moderne français qui a recourt à la citation détournée, tout comme le font Quentin Tarantino et David Lynch.

« Dobermann » constitue une fable urbaine et contemporaine qui renouvelle le genre policier en mélangeant des genres cinématographiques français et américain.

 

Sources :

« Les genres : films d’action, d’aventures et autres types », pages 39 à 86, in « Hollywood, la norme et la marge » - Jean-Loup Bourget - 1998

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