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Le blog de Phoebe

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Une autre manière de traiter, de décrypter et de comprendre ce que l’on nous donne à voir, à écouter, à lire…


Le paysage télévisuel en Grande Bretagne

Publié par Phoebe sur 7 Février 2013, 18:18pm

Catégories : #Chroniques télévisuelles

Le paysage télévisuel en Grande-Bretagne


Dans l’article de Pierre Langlais, journaliste spécialiste des séries télévisées, « Séries télé : la leçon britannique », ce dernier explique pourquoi les séries anglaises sont beaucoup plus osées, plus politisées et plus drôles que les séries françaises (sans pour autant posséder plus de moyens financiers). Ceci est avant tout dû au regard que portent les Britanniques sur leur télévision.

En effet, les producteurs des chaînes osent aborder des sujets plus originaux qu’en France où les genres dominants sont le polar et le drame familial, entre autres. D’après Bernard Besserglick, scénariste franco-britannique qui a longtemps travaillé pour l’Agence Française de Presse, en Grande Bretagne les séries nationales n’ont pas peur d’aller au-delà des conventions ou de froisser les gens en mettant en scène par exemple, des personnages qui boivent et qui fument, alors que la télévision française a trop peur de la ménagère de moins 50 ans.

Pour Ben Evans, producteur exécutif, la BBC est une chaîne qui se doit d’être innovante et qui doit savoir prendre des risques, car elle se compose d’un large public et de ce fait, la diffusion de certains programmes ne peut plaire à tout le monde. La chaîne propose donc une diversité dans sa programmation. Ben Evans rappelle que « la télévision n’est pas seulement une histoire d’audiences, c’est aussi une question culturelle, un service ».

D’après Robert Wulff-Cochrane, producteur pour Channel 4, « depuis leurs premiers jours, les séries britanniques ont servi à observer et à discuter les questions sociales. Et c’est impossible de faire ça sans être politique… ». Wulff-Cochrane rajoute que dans les programmes sériels (soaps, comédies et drames), la télévision anglaise a toujours poussé ses consommateurs à réfléchir aux grandes questions politiques.

Ben Evans insiste sur la totale liberté de la BBC face au gouvernement en disant que « la politique est considérée ici comme un sujet naturel, un thème parmi tant d’autres ». Propos confirmés par Bernard Besserglick, qui voit la télévision britannique comme un élément de contre-pouvoir, « une force culturelle agissante, qui peut et doit proposer des points de vues contraires à l’orthodoxie ».


Les Britanniques maîtrisent à la perfection la comédie qu’ils traitent de la même manière que le drame. La télévision en Outre-Manche utilise depuis longtemps le format 26 minutes, autant pour les sitcoms que pour les soap operas.

D’après B. Besserglick, l’excentricité britannique semble ne pas être un mythe et selon Ben Evans, « la comédie est dans l’ADN de la britanicité… ». Entre l’excentricité, l’autodérision, les sketches, les sitcoms, les comédies dramatiques, les satires, « le terrain est riche » nous dit-il. Des séries telles que « Monthy Python », « Mr Bean » et « Absolutly Fabulous » en sont des preuves évidentes.

En cela, la télévision britannique diffuse des séries qui peuvent montrer plus de violence et plus de sexe que sur les grandes chaînes françaises, excepté Canal+. « The Threshold » (le seuil en français) est une convention non écrite qui consent à penser que les plus jeunes se couchent à 21 heures (22h30 en France).

B. Besserglick explique que la télévision britannique prend ses consommateurs pour des adultes et que par conséquent, elle fait confiance aux téléspectateurs sur les programmes qu’ils décident de montrer ou non à leurs enfants. Le scénariste souligne que « les décisionnaires anglais traitent le public avec maturité, alors que les relations en France se font du haut vers le bas ».

Le but des fictions est d’explorer la société et les comportements humains, et d’après Ben Evans, « il est parfois nécessaire d’aller plus loin dans les contenus « explicites », mais ça ne doit jamais être gratuit ». Les programmes jugés violents ou à caractère sexuel doivent être justifiés sur la ligne éditoriale de la chaîne.

Pour la télévision britannique, s’autocensurer est une chose impensable, car les téléspectateurs anglais risqueraient de ne pas croire à la réalité proposée par le programme et finiraient par changer de chaîne.

Robert Wulff-Cochrane conclut en disant que la télévision britannique ne cherche jamais à être provocatrice ou à créer une controverse, mais n’omet pas de traiter les rugosités de la réalité, sinon cela serait prendre les téléspectateurs pour des enfants.

Ben Evans explique également qu’en Grande Bretagne, la télévision est un art noble et respecté, à un tel point que scénaristes, acteurs et producteurs travaillent autant pour le cinéma que pour la télévision.

En France, la Nouvelle Vague a donné le prestige au réalisateur. En Angleterre et aux Etats-Unis, le scénariste est un créateur à part entière, un salarié (USA), à qui l’on reconnaît cette notion de prestige, car il est toujours au cœur des séries.


Channel 4 : une chaîne du service public

La « Channel 4 » est une chaîne de télévision du service public en Grande-Bretagne (4ème chaîne de GB), créée grâce à une loi parlementaire, le 2 novembre 1982, mais ne recevant pas de fonds publics. En effet, tous ses programmes sont financés par ses activités commerciales dont les publicités représentent le principal revenu. Aujourd’hui, la chaîne fait partie de la « Channel Four Television Corporation », organisme public créé depuis 1990.

La chaîne est diffusée en analogique terrestre (canal n° 4), en numérique, par satellite et par le câble ainsi que par ADSL et sur internet, ce qui permet d’étendre la diffusion à tout le Royaume-Uni ainsi aux pays limitrophes, dont l’Irlande.

Faisant partie du service public, la chaîne se doit de respecter un mandat avec des directives précises en ce qui concerne les actes de diffusion et de communication. Selon le préambule du mandat, la chaîne doit proposer au téléspectateur une large gamme de programmes aux objectifs multiples et variés :

* Démontrer l’innovation, l’expérience et la créativité dans la forme et le contenu des programmes.

* Faire appel aux goûts et intérêts d’une société multi-culturelle.

* Apporter une contribution significative en répondant au besoin du réseau de chaînes publiques afin d’introduire des programmes de nature éducative.

La chaîne a également l’obligation de diffuser des programmes scolaires ainsi qu’un grand nombre de programmes produits en dehors du Grand Londres (subdivision régionale administrative).

Channel 4 programme habituellement des émissions de télé-réalité telles que « Big Brother 11 », des jeux télévisés au titre évocateur « Countdown » (l’équivalent britannique « Des chiffres et des lettres »), des soap operas anglais (« Hollyoaks », diffusé depuis 1995), des séries fantastiques (« Misfits »), mais également des mini-séries ainsi que quelques programmes étrangers importés, principalement des sériels américains tels que « Desperate Housewives », « Friends » et « Ugly Betty ».

La chaîne diffuse également des sitcoms typiquement britanniques telles que « The IT Crowd », série de 24 épisodes, créée par Graham Linehan, diffusée entre 2006 et 2010, en France sur Canal+ à partir de 2007, ainsi que « Black Books », série également créée par Graham Linehan.

 

A SUIVRE : Analyse d'une sitcom britannique : "Black Books"

 

Source :

Web : Article de Pierre Langlais : « Séries TV : la leçon britannique » : http://www.slate.fr/story/27693/series-tele-la-lecon-britannique


Commenter cet article

powered 28/08/2014 14:14

The British lesson of the TV Series makes us think. I agree with what the author mentioned in the article about the fact that the British series are more politicized and funnier than the French series. This is because the innovation and the risk factor is more in them.

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